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Fanni : « Les Bleus ? Une énigme… »

Rod Fanni

Rod Fanni - -

Le latéral rennais évoque pour la première fois sa non-participation à la Coupe du monde. Il revient également sur les événements récents autour des Bleus et évoque son avenir. Contacté par l’Atletico Madrid, il avoue « que rien n’est encore fait » avec le club espagnol.

Rod, comment avez-vous suivi les différentes péripéties de l’équipe de France pendant la Coupe du monde ?
J’étais en vacances à l’étranger. J’ai suivi cela un peu par intermittence. J’ai été surpris et déçu comme tout le monde que ça se passe comme ça. Pour moi, c’est une énigme. Je connais ce groupe. Et ce qui s’est passé ne lui ressemble pas. Malgré ce que tout le monde raconte, il y a toujours eu une bonne ambiance dans le groupe. Je ne m’attendais pas à cela. Cela avait l’air particulièrement difficile en Afrique du Sud. Peut être que l’environnement et l’isolement les ont poussés à ne pas réfléchir de la bonne manière. On sentait que l’atmosphère était hostile. Si j’avais été là-bas, je me demande si j’aurais été lucide. Pour le reste, je ne maîtrise pas tous les éléments. Les premiers déçus, ce sont les joueurs.

En avez-vous eu au téléphone depuis ?
J’ai préféré les laisser tranquille. J’en ai discuté brièvement avec certaines personnes mais sans entrer dans les détails. Le sujet est encore trop sensible. Il reste pas mal de zones d’ombre.

A titre personnel, comment avez-vous vécu votre éviction de la liste des trente ?
Je ne cache pas que je l’ai très mal pris. Mais le foot continue. Ce fut une épreuve pour moi. J’avoue que j’ai été un peu surpris dans la mesure où j’ai été de toutes les sélections depuis deux ans. J’ai respecté le choix du sélectionneur. Là-dessus, il n’y a pas de souci. Je ne veux pas surtout pas dénigrer le travail des autres car il y a beaucoup de bons latéraux qui peuvent postuler. Mais j’aurais préféré qu’un autre joueur soit choisi avant. Je n’ai eu aucune explication du staff. Je ne voulais pas réagir à chaud car sur le coup j’ai eu du mal à encaisser. J’ai eu besoin de m’aérer avant de parler à tête reposée.

En voulez-vous à Raymond Domenech ?
Je ne suis pas en guerre avec qui que ce soit. J’ai été déçu de sa décision et de la manière dont cela s’est passé. Mais il n’y a pas que des bons moments dans le foot.

« Il faut que les choses changent »

Qu’avez-vous pensé de la démission de Jean Pierre Escalettes ?
Je ne veux pas porter de jugement car je n’ai pas tous les éléments. Mais vu de l’extérieur, je me dis qu’il faut forcément que les choses changent. Quand cela se passe mal, on ne peut pas continuer de la sorte. Je ne suis pas étonné que les choses évoluent. Mais il faut aussi prendre le temps de la réflexion. Le chantier est grand.

Comment voyez-vous votre avenir en sélection avec l’arrivée de Laurent Blanc comme sélectionneur ?
Je me sens encore impliqué dans ce groupe. Ce n’est pas parce que je n’ai pas disputé cette Coupe du monde que je ne postule plus aux Bleus. Mais il n’y a que la vérité du terrain qui comptera. J’aspire surtout à évoluer dans ma carrière, que ce soit à Rennes ou ailleurs. Il y a des perspectives qui s’ouvrent à moi.

Où en est votre transfert à l’Atletico Madrid?
Il y a effectivement des discussions avec l’Atletico Madrid. Je suis très flatté de l’intérêt que ce club me porte depuis un an et demi. Je n’y suis pas insensible. Cela peut être une bonne opportunité. Mais rien n’est encore fait. Mon agent, Dominique Six, s’occupe de cela. Je me prépare pour le moment sereinement avec Rennes.

Propos recueillis par Marc Benoist à Rennes