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France-Espagne : Les Bleus ? Même pas peur !

Cesc Fabregas

Cesc Fabregas - -

Le match nul de l’aller (1-1) et celui contre la Finlande (1-1) n’y changent rien. Champions du monde et doubles champions d’Europe, les Espagnols gardent confiance en leur capacité à battre l’équipe de France pour s’ouvrir la route du Mondial. Mais ils savent qu’ils n’auront pas le droit à l’erreur mardi soir.

Que le début de printemps est doux, à Madrid. 15°C au thermomètre, un grand soleil, une petite heure d’entraînement devant 500 spectateurs sur le terrain principal de la Ciudad del Football, le Clairefontaine espagnol, à base de jeu en deux ou une touche de balle sur périmètre réduit. Le tout dans une bonne humeur prégnante. A voir la Roja s’entraîner ce dimanche matin, avant de rejoindre Paris et l’hôtel Bristol dans la soirée, difficile d’imaginer les joueurs espagnols à deux jours d’un match en France essentiel pour la qualification directe pour la Coupe du monde 2014. De lire la moindre trace de crainte, stress ou doute sur leurs visages avant de jouer très gros au Stade de France, quatre jours après le nul concédé à domicile contre la Finlande (1-1).

« Douter de notre sélection juste parce qu’on a fait deux matches nuls contre la France et la Finlande n’a aucun sens, confirme Santiago Cazorla, le joueur d’Arsenal, balayant les interrogations sur une possible fin de cycle. Aujourd’hui, n’importe quelle sélection peut te compliquer la vie. Ce n’est pas une raison pour parler de fin d’une époque ou pour affirmer que nous jouons moins bien qu’avant. Nous avons encore toutes nos chances de nous qualifier directement pour le Mondial et nous dépendons toujours de nos propres résultats. »

Nacho Monreal : « Il faut gagner »

Un sentiment partagé par ses coéquipiers. La confiance en leurs qualités plutôt que le doute, à l’image du Barça avant son match retour de Ligue des champions face au Milan AC (victoire 4-0 après une défaite 2-0 à l’aller). Avec tout de même cette conscience aiguë de ne pas avoir droit à l’erreur. « Perdre en France nous mettrait dans une situation très compliquée pour atteindre la première place, indique Nacho Monreal (Arsenal), qui va remplacer Jordi Alba, blessé, au poste d’arrière gauche face aux Bleus. Nous sommes tous très conscients qu’il faut gagner. » Et Inaki Cano, journaliste à Sport You, d’appuyer : « Il n’y a pas d’autre alternative. Si on n’en est pas capable, il restera les barrages. Mais c’est un mot horrible pour les Espagnols… »

Car ces derniers sont désormais habitués aux succès. A ne plus imaginer autre chose qu’un sport qui se joue à 11 contre 11 dans lequel l’Espagne gagne à la fin. « Quand tu as mangé de la côte de bœuf pendant des années, une fois que tu te retrouves avec du filet, tu as d’autres attentes, s’en amuse Inaki Cano. On se sent évidemment au-dessus en ce moment et on veut gagner. Ce n’est pas un complexe de supériorité mais on se sent bien et on aime bien en jouer. »

Avec, en toile de fond, une quasi injonction aux membres de la Roja d’apporter du bonheur à une Espagne qui subit la crise de plein fouet. « Quand on parle aux joueurs en privé, ils ont conscience qu’ils sont aussi là pour apporter un peu de joie à un pays qui ne va pas bien sur le plan économique, explique Inako Cano. Le football ne va pas faire disparaître les problèmes mais les victoires cachent un peu les petites misères. » Lui pronostique un succès « 2-1 » de sa sélection nationale. Les Bleus ? Même pas peur, on vous dit !

A. H. avec Nicolas Jamain à Madrid