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France-Espagne : Les Espagnols sont-ils inquiets ?

Un supporter espagnol

Un supporter espagnol - -

Tenus en échec par la Finlande (1-1), les champions du monde et d’Europe ont laissé la tête du groupe à la France. Et devront réussir un bon résultat face aux Bleus, mardi, pour espérer garder des chances de qualification directe au Mondial 2014. Pas de quoi inquiéter leurs supporters...

Parfois, une anecdote en dit plus que de longs discours. Quand on veut sonder la possible inquiétude des supporters espagnols avant leur match face à l’équipe de France, mardi, il faut par exemple se rendre sur un terrain de football, à Madrid. Et écouter ce témoin nous livrant la liste des joueurs tricolores qu’il connaît : « Mexès, Varane, Ribéry, Toulalan, Benzema, Giroud, Lloris et… Papin ! » Un relevé non exhaustif, c’est peu dire, et dont certains noms trahissent une méconnaissance criante du groupe actuel. Et, forcément, une crainte (très) limitée.

Quid de l’état de forme du moment, alors ? Au lendemain d’un match nul face à la Finlande (1-1) qui a provoqué déception et incompréhension, les supporters pourraient ainsi avoir perdu foi dans cette Roja si dominatrice ces dernières années. Pas vraiment, à les en croire… « Je ne suis pas inquiet parce qu’on sait ce que vaut cette sélection, confirme Angel. C’est la meilleure du monde. On n’a pas eu de chance contre la Finlande : une contre-attaque pour eux, un but. Ça va surement être un super match contre la France mais nous n’avons aucune raison d’être inquiets. »

« Ce qui compte, c’est le talent. Et il y en a plus chez les Espagnols que chez les Français »

Et Daniel de poursuivre dans le même sens, persuadé d’un avantage de talent et de Bleus qui ne tenteront pas de se grimer en barbelés défensifs finlandais : « Je ne suis pas pessimiste parce que ce qui compte dans le football, c’est le talent. Et il y en a plus chez les Espagnols que chez les Français. Et puis les Français ne vont pas jouer comme les Finlandais, qui sont tous restés en défense. Ça ne convient pas à notre équipe. Alors que la France, qui jouera à domicile, devra jouer un peu plus. Et c’est un rival qui nous conviendra mieux. »

Peu éblouis par la prestation tricolore face à la Géorgie (3-1), certains riant même doucement de l’inefficacité de Karim Benzema, les supporters espagnols n’imaginent pas une seconde une défaite au Stade de France. Tous rangés derrière le crédo de leur sélectionneur, Vicente Del Bosque : « Nous pouvons gagner en France, ne soyons pas pessimistes ». Non, vraiment, de l’autre côté des Pyrénées, le trouillomètre ne monte pas dans les tours. Mais la frustration commence à monter chez certains, sur fond d’historique rivalité régionale (et de grands clubs).

Croisé dans les rues de Madrid, un socio du Real se montre très agacé du jeu de l’équipe nationale, dont la possession de balle permanente (78% contre la Finlande !), couplée à l’inefficacité actuelle, lui évoque un peu trop un certain FC Barcelone : « Ce qui me gêne, c’est que j’ai de plus en plus l’impression que la sélection espagnole est comme les Harlem Globe Trotters. On fait des petits passes, des une-deux, des talonnades. On a l’impression qu’on est plus dans le spectacle que dans la réalité. En face, tu as une équipe qui joue au football différemment mais qui, sans faire grand-chose, te met un but car elle y va direct. De temps en temps, il serait bien que la sélection ressemble un petit peu au Real. » Il y a des choses plus importantes qu’un match contre l’équipe de France…

A. H. avec Nicolas Jamain