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France-Ukraine : Le Brésil au bout de l’exploit

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Vainqueurs 3-0 de l’Ukraine ce vendredi au Stade de France, en barrage retour, les Bleus ont réalisé un exploit XXL pour renverser la vapeur et se qualifier pour le Mondial 2014 au Brésil. Enorme et d’ores et déjà historique.

Les amoureux de sport possèdent toujours, dans un coin de la tête, un moment d’enfance inoubliable connecté à leur passion. Pour la jeunesse française version 2013, le souvenir sera peut-être, sûrement même, lié au barrage retour face à l’Ukraine d’une soirée automnale. Ils l’ont fait. On se répète pour y croire : ils l’ont fait. Pas un miracle, non, tant ils l’ont mérité par leur superbe performance dans un Stade de France en fusion comme jamais. Mais un exploit, un vrai. Et l’émotion qui va avec. Ce sentiment, aussi, d'avoir assisté à la véritable naissance d'une équipe capable de se rebeller dans la difficulté. Enterrés vivants par beaucoup suite à la défaite à Kiev (0-2) à l’aller, les Bleus ont su se remobiliser, se lâcher, tout donner, se montrer enfin digne de ce « talent » dont ils nous rabâchent les oreilles depuis des mois et mettre au supplice des Ukrainiens peut-être apeurés devant la pression d’une qualification qui leur semblait promise.


France - Ukraine : 3-0 les buts en vidéo par ffftv

Un succès 3-0 qui envoie le talisman Didier Deschamps et ses hommes au Brésil pour une Coupe du monde en terre de football qu’il aurait été si frustrant de rater, le 14e Mondial de l’histoire du football hexagonal, le cinquième disputé de rang. Mais un succès qui ne peut pas tout cacher : trop inconstants ces derniers mois, les Bleus ont eu besoin d’être au pied du mur pour sortir enfin leur plus belle partition. Les incertitudes à certains postes restent nombreuses. Des jeunes peuvent se révéler, un Florian Thauvin ou un Adrien Rabiot par exemple, et régénérer le groupe à l’image d’un Franck Ribéry en 2006. Certains fantômes de Knysna, on peut penser surtout à Eric Abidal, voire Patrice Evra même si ce dernier semble tenir un rôle important dans le vestiaire, devront peut-être se retrouver mis à l’écart pour éviter de venir hanter ce voyage au pays du ballon rond roi.

Quand Benzema explose de joie

Bref, il y aura de quoi débattre. En attendant, on savoure. Leur volonté de « mourir sur le terrain », dixit Olivier Giroud, les Bleus l’ont matérialisée dès les premières minutes d’un match sous haute tension. A l’impact, dans les duels, on l’a vite senti : bien présente dans l’engagement et la détermination, l’équipe de France ne comptait pas se faire marcher sur les pieds deux fois en quatre jours. Alors ils ont fait l’effort en plus, celui qui fait la différence, celui qui transforme le verbe « subir » en « agir ». Ils ont attaqué, sans trop se découvrir non plus, y ont cru, loin d’être démobilisés. Résultat ? Une domination sans faille – sur une pelouse indigne d’un tel événement, rugby oblige – et des changements (cinq par rapport à l’équipe de vendredi) payants. Mamadou Sakho posait les fondations avec son premier but sous le maillot bleu (1-0, 22e).

Le gardien ukrainien, Andreï Piatov, voyait ses filets trembler pour la première fois depuis 752 minutes. Il n’en faudra que douze supplémentaires pour le voir craquer une nouvelle fois : sur un ballon mal dégagé, Cabaye tentait sa chance et le cuir revenait sur Benzema – dont un but venait d’être refusé pour un hors-jeu imaginaire – qui trompait le portier adverse (2-0, 34e). L’attaquant du Real Madrid s’offrait alors une explosion de joie rare chez lui. Le retard était effacé. Mais chaque action ukrainienne était synonyme de grand frisson. L’expulsion de Khacheridi (47e), au retour des vestiaires, faisait encore grandir l’espoir. La délivrance allait finir par arriver. Sur une frappe-centre de Ribéry, Sakho mettait l’arrière-garde ukrainienne sous pression et marquait du genou (3-0, 72e). La tension était à son comble, les nerfs à fleur de peau et les ongles rongés devant la menace d’un but ukrainien qui aurait éliminé les Bleus. La joie sera d’autant plus intense au coup de sifflet final. Un doublé d'un défenseur, un 3-0, autant de symboles comme des rappels du bonheur. Ils l’ont fait. Merci, les Bleus. Et rendez-vous au Brésil. Que le sport et le football nous font vibrer, parfois.

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Alexandre Herbinet