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Giroud : « Pas une injustice d’être un joker »

Olivier Giroud

Olivier Giroud - -

Passeur décisif dimanche dernier contre l’Islande, l’attaquant montpelliérain a marqué des points. Au point de briguer une place de titulaire aux côtés de Karim Benzema ? L’intéressé n’entend pas brûler les étapes.

Olivier, vous êtes le dernier des Montpelliérains à être dans la liste des 23…

J’étais un peu déçu d’apprendre que Mapou n’était pas retenu. J’ai bien parlé avec lui et il l’a pris de la meilleure des façons. Cela lui a donné l’envie de continuer de travailler pour pouvoir revenir dans cette équipe de France. Il est très content et fier de son passage. Même s’il y a forcément un peu de déception, je suis sûr qu’il reviendra très rapidement.

Vous avez franchi les étapes très rapidement et vous n’étiez finalement même pas sur la sellette pour cet Euro… Vous avez quand même douté ?

Je ne savais pas mais j’espérais. J’entretenais beaucoup d’espoir compte-tenu de la saison que j’avais faite. Avec mon entrée contre l’Islande, j’étais assez confiant. Après, tu n’es à l’abri de rien donc j’ai travaillé comme je sais faire avec toute la confiance que j’ai emmagasiné cette saison.

Vous restez condamné au poste de remplaçant malgré votre potentiel… Cela ne vous frustre-t-il pas ?

J’espère avoir un maximum de temps de jeu parce que je suis quelqu’un d’ambitieux. Maintenant, je pense qu’il ne faut pas brûler les étapes. J’ai fait des bonnes performances, récemment, avec l’équipe de France mais de là à être aligné d’entrée... J’essaye d’apporter ce que je sais faire à l’équipe. C’est bien d’avoir une solution comme celle-là pour le coach. Je ne le prendrai pas comme une déception ou comme une injustice si je suis sur le banc en tant que joker. C’est une étape par laquelle il faut passer pour pouvoir prétendre à plus.

« J’ai toujours une maison à Montpellier »

Un entraîneur vous a dit un jour que vous n’aviez pas le niveau pour jouer en Ligue 2, est-ce que vous y repensez parfois ?

Pour moi, ça a été nécessaire d’aller chercher du temps de jeu en National et en Ligue 2 pour prouver que j’avais le niveau. Ce sont des étapes qui m’ont servi et dans lesquelles j’ai appris beaucoup de choses. On ne peut pas plaire à tout le monde. Il se trouve que je n’ai pas eu ma chance à l’époque mais si aujourd’hui, j’en suis là, c’est un peu aussi grâce à lui. Je mesure le chemin parcouru. J’ai une devise : « la construction de la route vers la réussite n’est jamais terminée ». Alors j’espère encore continuer à progresser. J’ai vraiment envie de continuer comme ça.

On ne sait pas où vous évoluerez la saison prochaine, est ce que vous avez fait votre choix ?

Honnêtement, je ne sais pas encore ce que je vais faire l’année prochaine. Une chose est sûre, c’est que je suis sous contrat avec Montpellier jusqu’en 2014 et que j’ai toujours une maison là-bas où je vais rentrer après l’Euro. Pour l’instant, il n’y a rien d’exceptionnel. Il y a des clubs qui sont là mais ça ne me perturbe en aucun cas. Je me consacre uniquement à l’équipe de France.

Quels sont les obstacles qui pourraient barrer la route sans fin d’Olivier Giroud ?

Je ne me pose pas de questions, c’est peut être aussi ce qui fait ma force aujourd’hui. Je suis moi-même et j’écoute les conseils. Après, on verra bien jusqu’où je peux aller. J’ai envie de vivre quelque chose de grand avec l’équipe de France parce que je suis persuadée qu’on en a les moyens. Je ne pense pas à ce qui va se passer ici ou là.

Propos recueillis par J.S et P.Ta