RMC Sport

« Knysna valait la peine d’être vécu »

Trois techniciens français ont formé des éducateurs sud-africains

Trois techniciens français ont formé des éducateurs sud-africains - -

Au cours d'une visite en juin dernier dans un township de la ville où résidaient les Bleus, Rama Yade, alors secrétaire d'Etat chargée des Sports, avait signé un programme destiné à apporter aux éducateurs sud-africains un peu du savoir-faire français. Témoignage de Nicolas Bourriquet-Cor, entraîneur varois qui a fait partie de l’aventure.

L’initiative était prévue avant le triste épisode du bus, mais elle n’en a pris que plus de sens. Mis en place par le ministère des Sports et l’Unecatef (ndlr, le syndicat des entraîneurs français), ce programme destiné à former les éducateurs de football de Knysna et des townships alentours a débuté dès novembre 2010 et s’est terminé en mai 2011. Parmi les trois éducateurs français présents sur le terrain pour former les techniciens sud-africains, Nicolas Bourriquet-Cor, un Varois de 34 ans pour qui l’aventure a été extraordinaire humainement. « Lors d’une soirée de remise des diplômes, il était important pour moi de remercier tous ces entraîneurs de leur investissement mais l’un d’eux m’a arrêté et m’a expliqué, avec les yeux un peu brillants, que c’était eux qui me remerciaient car cela faisait plus d’une trentaine d’années que personne n’était venu dans les communautés pour leur enseigner quelque chose et les écouter, confie-t-il. Rien que pour cela, Knysna valait la peine d’être vécu. »

Deux ballons pour vingt joueurs

Si Knysna est restée tristement célèbre en France à cause de la mutinerie des joueurs tricolores qui ont refusé de s’entraîner avant leur match face à l’Afrique du Sud, l’inverse n’est pas vrai. Sur place, l’image des Bleus n’est pas écornée, selon Nicolas Bourriquet-Cor : « On n’a pas souffert d’un déficit d’image lié à l’équipe de France ». Un avantage de plus pour travailler sereinement, dans des conditions pas toujours optimales. « Il a fallu faire face au contexte local, explique l’éducateur français. La majorité des entraîneurs ont parfois un ou deux ballons pour une vingtaine de joueurs, pas de cônes et pas de dossards. Il a donc fallu adapter notre contenu de formation. » Quant à la rénovation d’un terrain, deuxième volet du projet, « cela suit son cours », selon Bourriquet-Cor. Une façon positive de chasser les vieux démons de Knysna.