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Koscielny : « On pensait que Blanc allait prolonger »

Laurent Koscielny

Laurent Koscielny - -

EXCLU. Au lendemain de sa prolongation de contrat avec Arsenal jusqu’en 2017, Laurent Koscielny a livré son premier sentiment à RMC Sport. Le défenseur international est également revenu sur l’Euro des Bleus et Laurent Blanc. Entretien.

Laurent, pour quelles raisons avez-vous décidé de prolonger avec Arsenal ?

Ma famille se sent bien ici, j’ai souhaité continuer l’aventure avec le club pour travailler et gagner des trophées ici. Arsenal fait partie des dix meilleurs clubs d’Europe. Le club n’a pas gagné de trophée depuis pas mal de temps mais il est qualifié en Ligue des champions depuis seize ans. C’est la première fois que je vais rester dans un club plus de deux ans. J’ai envie de me stabiliser. A Arsenal, il y a tout pour s’épanouir, je me sens bien et les gens m’apprécient. Je ne me voyais pas partir ailleurs.

On a parlé de vous en Espagne et notamment au Barça. Avez-vous eu des contacts ?

Il y a eu quelques touches. Mais mon idée première était de continuer à travailler avec Arsenal. J’étais focalisé là-dessus. J’espérais trouver un accord avec le club pour qu’on puisse prolonger. Il y avait des touches sans plus. Personnellement, le Barca ne m’a pas contacté. Peut-être qu’il l’a fait auprès de mes agents. Je n’en ai pas parlé avec eux, ils connaissaient ma position. Je voulais rester ici pour continuer à grandir avec ce club.

Comment avez-vous vécu l’Euro, votre première grande compétition ?

Jouer un championnat d’Europe, c’est excitant. On sent une atmosphère différente de celle des matches de championnat. On sent un engouement et une pression différente. Chaque match est important. Si tu perds, tu es presque éliminé. C’est une aventure stressante et excitante. J’ai essayé d’engranger le maximum durant les matches parce qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait.

Vous avez disputé votre premier et seul match de l’Euro en quart de finale. Une entrée en matière spéciale, non ?

Je n’ai fait aucun match de poule. J’ai eu un peu de chance parce que Philippe (Mexès) était suspendu. Rentrer à l’Euro dans un quart de finale face à l’Espagne, tout le monde aimerait disputer ce genre de match. Je l’ai pris de manière positive. Ce n’était pas un rêve, j’avais une grosse envie et pas de pression particulière.

N’étiez-vous pas frustré de ne pas avoir eu votre chance plus tôt alors que Rami et Mexès étaient critiqués ?

Tous les remplaçants sont toujours frustrés de ne pas jouer. J’étais un peu déçu mais la charnière avait donné satisfaction pendant les éliminatoires. J’attendais mon heure patiemment. Quand on a fait appel à moi, il fallait que je rende une copie propre. Il n’y pas eu de différends par rapport à ça. Faire partie des 23 était déjà une belle satisfaction.

Comment était l’ambiance au sein du groupe ?

J’ai vécu une belle aventure, d’autres joueurs aussi. Il y avait une bonne ambiance dans l’équipe. Tout le monde parlait avec tout le monde. Sur le mois qu’on a passé ensemble, j’ai appris à connaitre d’autres joueurs. C’est différent d’être enfermé pendant un mois avec 22 autres joueurs plus le staff. Ça s’est très bien passé entre nous tous.

« Nasri, il faut tourner la page »

Y avait-il des clans ?

Non. Mais tu t’entends mieux avec certains joueurs. C’est comme dans la vie. Au niveau du groupe, tout le monde faisait l’effort de parler même si ce n’était que pendant un quart d’heure. Il y a plus d’affinités entre certains joueurs comme j’ai pu en avoir avec Oliv’ (Giroud).

Vous avez connu Samir Nasri à Arsenal. Avez-vous été étonné par ses insultes contre la presse ?

C’est un très bon joueur. Il a fait un écart sur le terrain et en dehors, mais il aime l’équipe de France et il est prêt à donner le maximum pour cette équipe. Il a eu un écart comme il peut y en avoir dans la vie. Il ne faut pas le cautionner mais il s’en est excusé. Il faut savoir tourner la page pour qu’il essaye de revenir avec cette équipe et qu’il essaye de se qualifier pour la Coupe du monde.

François Hollande, le président de la République, qui est lié par ailleurs à la ville de Tulle comme vous, a insisté sur le fait que porter le maillot de l’équipe de France devait être une fierté. Le rejoignez-vous ?

C’est une fierté de représenter son pays dans une compétition. Toute personne rêverait de vivre ce moment. Chacun a son ressenti par rapport à ça. Comme on porte le maillot de l’équipe de France, on doit faire le maximum pour être exemplaire et pour sortir du terrain la tête haute.

Comment avez-vous vécu le remplacement de Laurent Blanc par Didier Deschamps ?

On savait qu’il était en fin de contrat. Pendant l’Euro, il n’y a eu aucune discussion par rapport à son avenir. Il était concentré à 200% sur l’équipe de France pour amener cette équipe le plus loin possible. On n’a jamais entendu parler de sa fin de contrat. On pensait qu’il allait prolonger l’aventure. Il y a eu un désaccord entre les deux parties. Il aura fait du très bon boulot avec l’équipe de France en faisant progresser énormément de joueurs. C’est un nouveau staff, on verra bien l’avenir.

Que pensez-vous de Didier Deschamps ?

Je ne le connais pas, je n’ai jamais été sous ses ordres. C’est un compétiteur, il l’a démontré quand il était joueur, il a gagné énormément de trophées. Il a montré qu’il avait cette gagne en lui. On espère que ce sera de même en équipe de France pour qu’elle puisse aller à la Coupe du monde.