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L’affaire Evra agace Deschamps

Didier Deschamps

Didier Deschamps - -

Le sélectionneur de l’équipe de France est apparu très crispé ce jeudi en conférence de presse au moment d’évoquer le cas Patrice Evra, à l’origine d’une polémique la veille du tirage au sort. Ambiance.

Depuis sa prise de fonction comme sélectionneur de l’équipe de France, on avait rarement vu Didier Deschamps aussi crispé que ce jeudi. L’enjeu, énorme, d’une qualification pour la Coupe du monde sur deux matches de barrages face à l’Ukraine (15 et 19 novembre), pèse bien sûr sur ses épaules. Mais si le Basque, qui en a vu d’autres dans sa carrière, est si tendu, c’est parce qu’il n’a pas échappé aux questions sur Patrice Evra. Appelé pour disputer ces barrages, l’arrière gauche fut à l’origine d’une grosse polémique à la veille du tirage au sort après avoir dézingué certains consultants. Seulement rappelé à l’ordre par Didier Deschamps et Noël Le Graët, patron de la FFF, Patrice Evra, ou plutôt son fantôme, a donc plané lors de cette conférence de presse durant laquelle le sélectionneur a pris soin, avec le talent qu’on lui connaît mais aussi un certain agacement, d’esquiver le sujet.

Il aura fallu attendre quatre questions avant que le cas du Mancunien arrive au cœur des débats. Avec l’affaire Patrice Evra, l’équipe de France est-elle suffisamment protégée pour affronter ces barrages, demande un journaliste. « C’est quoi être protégé, riposte Deschamps. Avec mon staff et mes joueurs, je suis focalisé sur cette échéance sportive très importante pour nous. Il faut se qualifier pour la Coupe du monde. Il peut y avoir des débats autour sur plein de sujets. Notre unique préoccupation est d’être focalisé sur l’intérêt sportif. » Voilà la réponse de DD et probablement celle de tous les Bleus lors du prochain rassemblement…

Deschamps : « J'ai l'air fermé ? »

Sauf qu’on a évidemment envie de gratter un peu plus. Qu’est-ce que vous lui avez dit ? « Ça ne vous regarde pas », s’agace Deschamps. Cela peut-il polluer le vestiaire ? « Libre à vous d’entrer dans des débats. Je vous les laisse. Patrice Evra était sélectionnable. J’ai pris la décision de le sélectionner. Il fait partie des 24 joueurs qui ont un objectif sportif bien clair. En interne, on restera uniquement focalisé sur notre objectif sportif. Le reste ne doit pas occuper notre esprit. » Voyant le sélectionneur irrité, Philippe Tournon, chef de presse, vient à son secours. « Bon… le débat est clos pour l’affaire Evra », lance-t-il à l’assemblée. « C’est interdit. Philippe, il mord », s’amusera quelques instants plus tard un Deschamps un peu plus détendu.

Cette polémique à quelques jours des barrages crispe le sélectionneur. Et fragilise son groupe ? «Il faut faire en sorte d’être imperméable à tout ce qui se dit et s’écrit », avance l’ancien coach de l’OM. Habitué à la pression, le Basque est servi. Et l’affaire Evra n’arrange évidemment rien. « J’ai l’air fermé ?, interroge-t-il faussement détendu. Vous pouvez me poser dix fois la même question, si je n’ai pas envie d’y répondre, pour ceux qui me connaissent, je sais faire. Je ne suis pas crispé, tendu ou quoi que ce soit. Je peux avoir le sourire… ou l’avoir un peu moins. On analyse mon visage, si je me gratte la tempe, si mes cheveux sont plus blancs, si j’ai du gel ou non… Ce n’est pas ça qui va changer ce que je pense au fond de moi. Je ne suis pas plus tendu que d’habitude malgré l’importance des deux échéances. » Evidemment, on n’est pas obligé de le croire….

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