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L’Espagne avance masquée

Xavi

Xavi - -

Les champions du monde et doubles champions d’Europe s’avancent avec le statut de favoris à l’heure d’affronter les Bleus, ce mardi à Madrid (21h). Pas question pour autant de jouer les gros bras dans les rangs de la Roja.

La victoire en quarts de finale de l’Euro (2-0) n’y a rien changé. Pas plus que la défaite des Bleus contre le Japon (1-0) au Stade de France, vendredi. Non, l’Espagne ne s’avance pas tous muscles dehors à l’heure de se frotter à l’équipe de Didier Deschamps. Il y aurait pourtant de quoi. Sur les trois dernières grandes compétions internationales, les Espagnols ont terminé à chaque fois avec le trophée dans les mains pendant que les Bleus tombaient deux fois au premier tour (Euro 2008 et Coupe du monde 2010) et une fois en quarts de finale (Euro 2012). Pendant que l’Espagne truste la première place du classement FIFA, les Bleus ont, eux, glissé au 13e range.
Habituellement plutôt sûrs d’eux, nos voisins restent pourtant modestes avant de retrouver la France pour la deuxième fois en quatre mois. « Dès qu’on a vu que l’équipe d’Espagne était tombée dans le groupe de la France, il y a eu beaucoup d’inquiétude et beaucoup de respect, notre Roberto Morales, journaliste de l’agence de presse EFE. Il ne faut pas croire l’Espagne prend ce match par-dessus la jambe car historiquement, la France est un rival dangereux. On ne va pas seulement regarder le dernier résultat. » D’autant que les médias ibères savent que la victoire de leur sélection à l’Euro était la première contre les Bleus dans un match à élimination directe.

Del Bosque : « On a peur de personne, mais… »

Quant à la rue, elle n’en mène pas large non plus. Fausse modestie ou réelle crainte ? Difficile de se faire une opinion. « Contre le Japon, ce n’était pas facile. Le Japon est une erreur de la France, excuse même Manuel. Ce n’était pas un match simple. Ils devaient gagner pour prendre confiance, bien jouer et arriver en Espagne avec une confiance positive, mais c’est tout le contraire. » Même son de cloche, et c’est bien logique, chez les joueurs. Que ce soit Raul Albiol, Pedro, Cesc Fabregas ou Xavi Alonso, tous amenés à rencontrer la presse ces derniers jours, ils n’ont cessé de calmer les ardeurs médiatiques, rappelant le glorieux passé de leurs adversaires.
Mais c’est finalement le sélectionneur, Vicente Del Bosque, qui s’est drapé du costume d’avocat. « L’équipe de France sort d’un passé glorieux. Ça compte car elle a appris a gagné, livrait-il dans Luis Attaque. Elle est championne d’Europe et a gagné la Coupe du monde. Cette équipe a des joueurs de très grande qualité comme Benzema, Ribéry et même Cabaye. Ce sont des joueurs de très bon niveau qui jouent dans des grands clubs européens. Nous allons nous méfier, on a peur de personne. Mais on est respectueux donc on fera attention. »

Pierrick Taisne à Madrid