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La qualif’ des Bleus va-t-elle booster l’économie ?

La qualif' des Bleus va-t-elle booster l'économie ?

La qualif' des Bleus va-t-elle booster l'économie ? - -

Dans un contexte économique moribond, l’équipe de France a donné du baume au cœur en arrachant sa qualification pour le Brésil. Outre le volet sportif, cette bonne nouvelle peut-elle pour autant avoir un impact sur l’économie française ? Eléments de réponse.

« Impossible n’est pas français ». Le vieil adage, usé jusqu’à la corde mais répété à l’envi, a encore porté ses fruits. Pourtant bien mal embarqués après un triste match aller à Kiev (2-0), les Bleus ont su infléchir le destin pour s’imposer mardi soir, contre l’Ukraine (3-0), au Stade de France. Un succès éclatant synonyme de billet pour le Brésil où se tiendra le Mondial 2014. Mais au-delà du sportif, cette qualification constitue-t-elle un réel impact sur l’aspect économique ? 

Pour Pascal Perri, consultant économique à RMC Sport, la qualification française au Brésil pourrait booster la consommation, même si dans les faits cela reste difficilement quantifiable. « Le football est l’un des attributs de la puissance nationale. Quand l’équipe de France gagne, on a l’impression que c’est la France qui gagne. Donc ça libère les énergies en termes de consommation, avance l’économiste. Les Français vont peut-être déstocker un peu d’épargne pour améliorer leur téléviseur, les moyens de réception satellites. Peut-être vont-ils consommer plus de sodas, de bières de pizzas pendant cette période. Mais la croissance française ne se limite pas à cette consommation, c’est bien plus que ça. Le football reste néanmoins un outil prescripteur en terme de consommation ». 

Pas de lien établi entre foot et croissance

Tout cela relève néanmoins de la pure supputation. Il n’a été jamais prouvé qu’il existait un lien de cause à effet entre le monde du ballon rond et la croissance économique d’un pays. « C’est une légende urbaine, poursuit Perri. L’impact économique est nul. Même l’impact sur le pays organisateur n’a jamais été véritablement avéré. Vous avez généralement beaucoup moins de recettes que les investissements que vous avez engagés. En fait, le lien foot-croissance n’existe pas. C’est une erreur de croire ça. Personne n’a d’ailleurs établi une étude efficace et réelle sur le Mondial et les points de croissance gagnés. On n’a jamais réussi à installer une Coupe du monde de football dans les cycles économiques. Pour preuve, le champion du monde 2006 est l’Italie, le champion d’Europe 2008 l’Italie et le champion du monde 2010 l’Espagne ».

Reste que cette qualification a donné un large sourire à l’équipe de France et la Fédération française de football. Avec une cote de popularité en berne et en chute libre ces dernières semaines, la victoire bleu-blanc-rouge a apporté un vent de quiétude. Surtout dans les relations avec les partenaires des Bleus, comme l’a confirmé au micro de BFM TV le président Noël Le Graët qui négocie actuellement le prolongement de ses contrats avec les sponsors. « Nos budgets sont toujours faits de façon pessimiste. La victoire est donc importante. Nos sponsors s’étaient déjà engagés à resigner de 2014 à 2018. Je ne doute pas que ça va être du coup plus simple. Niveau économique et niveau relationnel, c’est forcément plus agréable ». 

Les partenaires de la FFF, les vrais gagnants ?

Une non-participation de l’équipe de France au Mondial aurait forcément mis en porte-à-faux la FFF. Cette dernière, pas en position de force, aurait vu ses recettes de droits télé à la baisse. Quant à ses partenaires, les sponsors auraient moins mis la main à la poche et TF1 aura vendu moins chère la pub. « La fédération pourra négocier les droits autour de l’Euro 2016 dans des conditions qui seront plus favorables. C’est aussi une bonne nouvelle pour la chaîne de télévision TF1 qui a signé un chèque de 130 millions d’euros. Cela leur permettra de limiter la casse et les pertes car le football ne lui fait pas nécessairement gagner beaucoup d’argent. C’est une bonne nouvelle pour tous les partenaires et le tout le secteur des loisirs en général. Ca reste une bonne nouvelle, mais limitée quand même », étaye Perri.

Dans toutes ces appréciations et partenariats commerciaux, une seule certitude demeure : l’optimisme. Au regard de la liesse populaire procurée par la qualification, il y a longtemps que l’Hexagone n’avait pas autant vibré. Main dans la main, ensemble dans un contexte pourtant anxiogène et pessimiste. « Impossible n’est pas français ». 

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R.D.