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Les Bleus avaient mauvaise « Minsk »

Franck Ribéry

Franck Ribéry - -

Sans génie offensif et très fébrile défensivement, c’est une équipe de France décevante qui a partagé les points vendredi soir avec la Biélorussie (1-1). Les Bleus confortent, grâce au large succès de la Roumanie contre la Bosnie (3-0), leur première place du groupe D.

Avant sa visite du stade Dynamo, à Minsk, vendredi soir, l’équipe de France avait déjà rangé sa première confrontation avec la Biélorussie au rang des événements à oublier. Des souvenirs douloureux, qui après analyse, ne méritaient pas d’être ressassés. A l’époque, le 3 septembre dernier au stade de France, c’était une équipe de France toute fraîche, toute nouvelle et lestée des restes de la Coupe du monde en Afrique du Sud et du naufrage de Knysna qui s’était inclinée face aux Biélorusses (0-1). Si le revers des Bleus à Saint-Denis avait tout du hold-up il y a de cela neuf mois, cette fois, c’est un sentiment mitigé mais surtout une image laborieuse qui ressortent du nul enregistré par les hommes de Laurent Blanc (1-1). « Un match décevant, lâchera Blanc à chaud. On ne méritait pas de gagner ce soir. »

Partager les points à Minsk n’est, en soi, pas un mauvais résultat, puisqu’il permet à la France, grâce au succès de la Roumanie face à la Bosnie (3-0), de conforter sa première place du groupe D. « On est un peu frustré mais on ne peut pas parler de déception parce qu’on n’a pas perdu », confirmait d’ailleurs à l’issue du math Karim Benzema. Signer un huitième match consécutif sans défaite n’est pas, non plus, une mauvaise performance. Mais on attendait mieux des Bleus, c’est certain, face à la 53e nation mondiale, amoindrie, qui plus est, par les absences de nombreux titulaires. Un sentiment de révolte, un vent de folie, parfois impulsé par Karim Benzema, Samir Nasri, Florent Malouda et Franck Ribéry. Mais, hélas, seulement par intermittences. « Il nous a manqué de la percussion, de la fraîcheur », déplorait Blanc.

Benzema : « On a déjà vu une meilleure équipe de France »

En vérité, la France a confirmé ce que ses dernières copies, au Luxembourg (0-2) et devant la Croatie (0-0), avaient laissé poindre. Devant, ça tâtonne sévère et sans la densité physique de Karim Benzema et son altruisme surtout, bien à propos sur l’égalisation de Florent Malouda (21e), les Bleus auraient pu revivre le cauchemar du match aller. La faute, et c’est l’autre enseignement principal de la soirée, à une défense souvent en difficulté, elle qui était le point fort numéro un du groupe France ces derniers mois. A l’envie et à la détermination biélorusses, les Tricolores ont répondu par de la fébrilité, à l’image d’un Adil Rami moins souverain quand il lui faut mener la défense tricolore, d’un Mamadou Sakho longtemps dépassé par sa première titularisation en Bleu et surtout d’un Eric Abidal certes remis de sa tumeur au foie, mais malheureux en ouvrant lui-même le score pour les locaux (19e).

Bref, la dixième sortie de l’équipe de France sous l’ère Blanc ne restera pas dans les annales. Loin de là. « On a bien réagi sur le premier but en égalisant tout de suite mais on n’a pas su mettre le second but, analysait Karim Benzema. Dans l’ensemble, ça a été même si on a vu une meilleure équipe de France auparavant. » Ce n’est pas faute d’avoir essayé de le gagner ce match mais après avoir timidement alerté Veremko (65e), le Madrilène verra son but refusé pour hors-jeu (83e). Benzema aurait bien rêvé d’un 13e but en sélection, histoire de porter, une fois de plus, le costume de sauveur de la patrie. Mais il n’y avait pas grand-chose à sauver vendredi soir. De quoi rendre un peu plus besogneuses les rencontres amicales en Ukraine lundi et en Pologne jeudi. « C’était un match regrettable, un match à notre portée, conclut Mamadou Sakho. On a perdu deux points. Il va falloir se reposer et bien préparer le match suivant. » Les vacances sont encore loin…

Alix Dulac avec M.B à Minsk