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Les Bleus, baromètre économique et moral des Français

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Une élimination des Bleus, mardi contre l’Ukraine, ne sera pas sans conséquence sur l’économie du football et même du pays. Et même sur la santé morale des Français. Explications.

Il n’y a pas que Didier Deschamps et l’ensemble de football français qui croisent les doigts jusqu’à mardi soir (21h). C’est aussi le moral des Français et surtout l’économie du pays qui seront en jeu sur la pelouse du Stade de France. L’absence des Bleus au Brésil au mois de juin prochain n’est pas sans conséquence sur le plan financier. Evidemment, le football est en première ligne. TF1 paye actuellement 4,1 M€ un match. « Si la France n’est pas qualifiée, on peut penser que le tarif sera au moins divisé par deux, estime Emmanuel Lechypre, spécialiste économique. Les sponsors seront aussi moins généreux. Certains ont prévu de verser 10% de moins en cas de non-qualification. La perte sèche pourrait atteindre 2M€ pour la Fédération française de football. »

Interrogé ce lundi matin sur RMC, Noël Le Graët se voulait néanmoins beaucoup plus rassurant. « Les contrats fédéraux pour la télé sont déjà signés entre 2014 et 2018, c’est fait depuis 18 mois, rappelle le président de la FFF. On a plutôt des relations amicales avec nos gros partenaires. Ils seront en place jusqu’en 2018. Evidemment qu’on aura quelques recettes en moins sur les matches amicaux ou ce genre de chose, mais je n’ai absolument pas de problème de budget. Il n’y a pas de catastrophe de prévue. »

Les vendeurs de télés et de pizzas peuvent trembler

Mais l’impact d’une élimination va au-delà du ballon rond. Certains secteurs de l’économie sont boostés par les Bleus durant une Coupe du monde. On sait par exemple que les ventes de télévisions augmentent de 7% avant un Mondial ou un Euro. « Mais si vous achetez une télé, vous ne remplacez pas votre canapé, nuance Emmanuel Lechypre qui parle de transfert économique. On sait aussi que les soirs de match, les ventes de pizzas augmentent de 50 à 100%. »

Mais attention, l’importance de l’événement peut aussi nuire aux finances. « On perd en productivité, argumente Lechypre. Selon une étude de la Fifa lors de la Coupe du monde 2006, près de 10% des salariés britanniques ont écourté leurs journées de travail, 5% ont déserté leur poste pour aller au pub et 2% ont posé un arrêt maladie. » Bilan ? De 0,1 à 0,2 point de croissance en moins au cours de ce trimestre. Et si les Bleus triomphaient au Brésil ? Jackpot ! Le pays vainqueur peut miser sur 0,7 point de croissance. Un chiffre qui fait rêver Didier Deschamps et… François Hollande.

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La rédaction