RMC Sport

Les Bleus face à leur rêve

Les Bleus de 2011 à l'entrainement au Stade de France

Les Bleus de 2011 à l'entrainement au Stade de France - -

Sans victoire face aux Bleus depuis dix-neuf ans, le Brésil se présente mercredi soir au Stade de France (21h) pour un match amical de prestige, qui aura également valeur de test grandeur nature pour les joueurs de Laurent Blanc.

Treize ans après la plus grosse claque de son histoire en Coupe du monde (0-3), la Seleçao revient sur le lieu du crime. Le stade de France ne sera pas aussi bouillant que ce 12 juillet 1998. C’était une finale de Coupe du monde quand même. Mais amicale ou non, l’affiche demeure flamboyante, un moment rare dans une vie de footballeur. "Depuis que je suis petit, je suis fan du Brésil. Je les ai toujours considérés comme les meilleurs joueurs du monde et je vais les avoir en face de moi", rêve, yeux grand ouverts, Yann M’Vila.
Malgré trois revers consécutifs en Coupe du monde, les Auriverde, pas rancuniers, continuent d’apprécier la France, ses joueurs, sa philosophie de jeu, son histoire. Depuis 1958 et l’avènement en demi-finale (2-5) d’un petit jeune prometteur du nom de Pelé, le Brésil n’a plus vaincu les Bleus lors d’un Mondial. Platini, le jour de ses 31 ans, brillait en 1986 malgré un tir au but raté, Zidane à lui tout seul a coulé deux fois le vaisseau amiral du football mondial, en 1998 et 2006. Des chocs qui ont toujours été enchantés par les plus grands joueurs de l’histoire. Tout sauf un hasard.
Les deux nations s’estiment, s’apprécient. En 1986, par exemple, Jean Tigana a encore en mémoire le respect des Brésiliens après le miracle de Guadalajara et le tir au but libérateur de Luis Fernandez (1-1, 4 tab à 3). "Après le match, on a été dans leur vestiaire. Tout le monde pleurait, c’était émouvant. Puis quand on a quitté le stade, les supporters brésiliens nous ont applaudis. C’était un moment magique comme on n’en vit pas souvent dans une vie", se souvient-il la voix tremblante.

Du jeu et de l’enjeu…

A Ozoir-la-Ferrière, où ils s’étaient installés en 1998, comme depuis leur arrivée à Paris lundi, la popularité des Brésiliens en France est évidente. Pour l’amour du beau jeu et des grands joueurs que les deux nations partagent. Peut-être aussi parce que les Bleus n’ont plus aucun complexe face à la Seleçao. "Les Brésiliens ne se sont jamais remis de la finale de 98. La France est devenue un sujet tabou pour nous", en rigolerait presque Lucia Müzell Jardim, journaliste brésilienne frustrée.

Silvère Beau