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Les Bleus, le remède anti-crise

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Même si la parenthèse ne durera que quelques heures voire plusieurs jours, la qualification de la France au Mondial 2014 fait un bien fou à la population française. Pour certains, il y avait même un peu de 12 juillet 1998 dans l’air.

Et si François Hollande la tenait enfin, la première bonne nouvelle de son quinquennat. Présent au Stade de France après son retour d’Israël, le Chef de l’Etat a eu une pensée pour des « Français qui sont heureux ». Pas faux. Après des mois de sinistrose et un barrage aller plus que morose, « la France du foot et pas que » tient sa parenthèse anti-crise. Sa bouffée d’oxygène éphémère mais bien jouisse. Son remède placebo à des maux bien profonds. « Il y avait deux choses : le jeu et notre pays, qui est un peu en difficulté morale. Cette qualification pour le Mondial au Brésil fait plaisir à toute la France qui se sent regonflée », a admis Noël Le Graët, le président de la FFF.

Dès le coup de sifflet final, les Français ont donc dégoupillé et fait sauter le couvercle d’une cocotte-minute qui n’en pouvait plus de bouillir depuis des lustres. Dans les travées du Stade de France, comme sur les Champs-Elysées et de nombreux endroits clés en province, où des milliers de personnes sont descendues spontanément dans la rue. Pétez les plombs ! Chantez public ! Hurlez citoyens ! Résonnez trompettes ! Un exutoire que seul le sport en général et le foot en particulier peut procurer, à intervalles irréguliers.

Un moment d'unité nationale

Dans l’histoire récente du foot français, il y eut un certain 12 juillet 1998, instant de fraternité et de communion nationale hors-norme. Même si la qualification à un Mondial reste sans commune mesure avec une victoire en Coupe du monde, ce 19 novembre 2014 fera date. A n’en pas douter. « C’est incroyable, a confié Frank Leboeuf, champion du monde il y a quinze ans. C’est fantastique ! La dernière fois que j’avais vu le Stade de France avec une telle ambiance, c’était un certain 12 juillet 1998. »

Preuve que le moment n’était pas ordinaire, même la classe politique a immortalisé l’instant. Alors que le débat sur les retraites battait son plein à l’Assemblée Nationale, les députés –à la demande du socialiste Christian Paul- ont suspendu la séance cinq minutes « pour un moment d’unité nationale ». Par les temps qui courent, ils auraient eu tort de s’en priver.

GM