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Les Bleus mis au ban

Noël Le Graët

Noël Le Graët - -

Réuni ce mardi pour livrer un bilan de l’Euro, le Comité exécutif de la FFF a convoqué plusieurs joueurs de l’équipe de France devant la Commission de discipline et gelé les primes. Une situation tendue que Noël Le Graët a tenté d’apaiser.

Quatre joueurs devant la Commission de discipline

Ils seront donc quatre. Quatre joueurs à passer devant la Commission de discipline de la Fédération française de football pour répondre de leurs actes durant le dernier Euro. Cibles de toutes les critiques, Samir Nasri, Yann M’Vila, Jérémy Ménez et Hatem Ben Arfa ont donc été rattrapés par la patrouille et seront convoqués « dans les délais les plus courts, après leurs vacances », selon Noël le Graët, le président de la FFF. Avec des insultes à l’encontre des journalistes, dont certaines intolérables après le match face à l’Espagne (2-0), Nasri est le joueur qui risque la plus grosse sanction. « Vous (les journalistes, ndlr) avez raison de dire qu’il ne se comporte pas bien, a indiqué Le Graët. Tout le monde en prend plein les oreilles, mais ce n’est pas mérité à ce point-là. C’est un garçon bien élevé, correct, courtois, mais parfois difficile ». Le panel de sanctions peut aller de la simple amende à plusieurs matchs de suspension.

Des primes gelées

140 000 euros chacun. Voilà la somme que devaient toucher les 23 joueurs de l’équipe de France pour leur qualification en quarts de finale de l’Euro, ainsi que chaque membre du staff. Une somme qu’ils ne verront pas sur leur compte en banque. En tout cas, pas dans l’immédiat. « L’ensemble des primes de l’équipe de France sont gelées, sans exception, a annoncé ce mardi Noël le Graët. Personne ne percevra son chèque dans les semaines qui viennent. (…) Elles seront débloquées en fonction des comportements. » Reste à savoir quelle position adoptera ensuite la FFF vis-à-vis de ces primes. « Est-ce que les primes restent un système intéressant ? Je vais demander à Hugo Lloris et 2 ou 3 copains qu’il désignera de venir passer une demi-journée avec nous, avec notamment Philippe Piat et Sylvain Kastendeuch, les délégués syndicaux, explique le président de la FFF. On redonne une partie du chiffre d’affaires aux joueurs, ça m’a toujours paru juste. Mais je suis prêt à en discuter. »

Une volonté d’apaisement

Seul debout face à la presse, Noël le Graët n’a éludé aucune question. Plus qu’un simple inventaire des décisions du Comité exécutif (Comex), le président de la FFF a livré son sentiment personnel sur tous les sujets. Et a clairement affiché sa volonté de ne pas dramatiser la situation autour de l’équipe de France. « Nasri ? A mon avis, on a grossi cette affaire, a-t-il déclaré. Bien entendu que sa réaction n’est pas digne. Je suis vexé, j’ai honte mais enfin, est-ce que Lloris, Mandanda, Carrasso, Debuchy ou Clichy sont de mauvais garçons ? Dans le comportement, on a fait énormément de progrès. » S’il ne veut pas faire des quatre joueurs convoqués devant la Commission de discipline des « victimes », il ne veut pas non plus qu’ils soient trop fortement pénalisés en cédant à la pression populaire. « Par nature, je n’aime pas punir. (…) La commission de discipline ne sera pas non plus une commission de censure, souligne-t-il. Les suspensions pour les cas à venir seront regardées avec beaucoup de justice. » Quant à une éventuelle sanction de plusieurs matchs pour certains cas particuliers, le président de la FFF a clairement désapprouvé : « Cela ne me paraîtrait pas raisonnable ».

Alexandre Alain avec Jean Resseguié