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Les Bleus sur leur lancée

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Décidément, l’équipe de France est bien la bête noire des Brésiliens. En s’imposant (1-0) au terme d’un match tronqué par l’exclusion précoce d’Hernanes, les hommes de Laurent Blanc poursuivent avec succès leur opération reconstruction.

Et un vent de nostalgie balaya les travées du stade de France. A l’entrée des deux équipes, impossible de ne pas avoir le 12 juillet 98 coincé quelque part dans le gosier. Qu’elle fut de liesse ou de tristesse, cette nuit-là est gravée à jamais dans les cœurs français et brésiliens. Comme le quart de finale de 1986 ou celui de 2006. En termes d’émotions, de jeu et d’enjeu, le choc d’hier ne pouvait pas rivaliser avec ses glorieux prédécesseurs. Personne d’ailleurs n’avait cette prétention. La victoire à 10 contre 11 pendant 50 minutes n’est pas à brader pour autant. « Cette victoire aurait peut-être eu plus de valeur à onze contre onze mais elle reste importante », a souri Laurent Blanc.

On pourra, au choix, se souvenir de la domination initiale de la Seleçao ou des multiples possibilités que se sont procurées les Bleus et Benzema, sorti sous les ovations. « On a fait un très beau match. Je pense que tout le monde est satisfait, nous, nos familles, les supporters qui étaient présents. C’est toujours un grand plaisir, surtout face à une grande équipe comme le Brésil », s’est enthousiasmé le Madrilène, très en verve hier.

On ne pouvait pas espérer meilleur rival pour étrenner la nouvelle tunique ; On espérait en revanche un autre scénario. Après une première demi-heure dominée par les Brésiliens, que Dani Alves (2e) puis Robinho (35e) ont bien failli convertir au score, l’exclusion d’Hernanes (39e), pour avoir confondu kung-fu et capoeira, a faussé la partition. « On a mal débuté, on était crispés. Puis les événements ont fait qu’on a pris confiance et pu provoquer ces Brésiliens qui étaient vraiment bien en place », résume Philippe Mexès.

La paire Rami-Mexès impeccable

Alors que la marque jaune colorait de plus en plus un stade de France aphone, le rouge du milieu brésilien a offert aux Bleus, jusque-là bien discrets, une fin de match rudement bien maîtrisée. Oubliées les absences sur blessures de Nasri, Ribéry ou Valbuena. Sur la droite, le débordement de Jérémy Ménez permet au Romain de trouver Benzema qui s’offre un troisième but consécutif en Bleu (54e). Sans un Julio Cesar en mode barricade, l’attaquant madrilène aurait pu inscrire un quadruplé, minimum. Mais sans Lloris à la dernière minute face à Hulk, les Bleus auraient aussi pu se faire rejoindre. « Notre bloc défensif commence à être performant et c’est souvent la base de la reconstruction d’une équipe », s’est réjoui Blanc.

On se privera de tirer toute leçon définitive d’une rencontre dont l’âme a changé irrémédiablement avant la pause. On retiendra tout de même une maîtrise collective alléchante après deux petits jours de stage et des ambitions offensives intéressantes. Au premier rang des satisfactions, l’impeccable paire centrale Rami-Mexès, ce dernier étant élu homme du match RMC Sport. Le sélectionneur a aussi apprécié le rendement de Benzema qui a fait « un grand match », la copie de Ménez, « décisif, auteur d’une de ces actions de grande classe dont on le sait capable. » Il a même trouvé Gourcuff à son aise, « au diapason de l’équipe ». Pas le stade de France.

Malgré la victoire et, par moment, la manière, les Bleus ont une nouvelle fois reçu quelques huées du public. Ils viennent pourtant d’enchaîner cinq succès de rang et sont assurés de rester invaincus plus de deux décennies face au quintuple champion du monde. Alors bouder son plaisir après une victoire face au Brésil serait bien malvenu.

Silvère Beau