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Lyon terre hostile ?

Les Bleus affrontent vendredi à Gerland en amical les demi-finalistes du dernier Euro, tombés contre l'Allemagne (3-2).

Les Bleus affrontent vendredi à Gerland en amical les demi-finalistes du dernier Euro, tombés contre l'Allemagne (3-2). - -

En disgrâce avec son public, c’est devant des milliers de supporters turcs que l’équipe de France s’apprête à disputer, à Gerland, son dernier match de la saison. La bronca de trop ?

« Pourquoi venir au stade si c’est pour siffler les joueurs lyonnais de l’équipe de France ? » Raymond Domenech n’a pas compris l’attitude du Stade Geoffroy-Guichard. Vendredi soir, à Gerland, les Bleus et leur sélectionneur seront-ils épargnés ? Pas sûr. Malgré l’absence de joueur stéphanois sur le terrain, qui aurait pu provoquer la bronca du public gone, la rencontre entre les Bleus et la Turquie ne respire pour autant pas la sérénité. La fracture est réelle. Les sifflets du Stade Vélodrome le 11 février dernier face à l’Argentine (0-2) l’ont prouvé. Après le nouvel incident mercredi à Saint-Etienne, Patrick Vieira défend ses troupes, en bon capitaine : « Il n'y a jamais un supporter qui m'a dit qu'il n'aimait plus l'équipe de France. Parler de désamour, c'est exagéré. C’est un terme trop fort. » Question de sémantique…

A Lyon, Raymond Domenech peut aussi craindre l’hostilité des supporters turcs qui seront très nombreux à Gerland. Le consulat de la région Rhône Alpes recense 120 000 Turcs, dont 40 000 à Lyon. L’engouement autour la sélection de Fatih Terim ne fait donc aucun doute. « Dans la région, les Français d’origine turque n’ont pas souvent vu l’équipe nationale », regrette Hamet, joueur du CS Anatolia, club de 3e Division de District dans le Rhône. Face aux Bleus, la Turquie pourra compter sur le soutien de milliers de supporters. Combien ? Tout le virage Sud (10 000 places) leur est réservé. Mais ils devraient être bien plus nombreux. Des Turcs venant de Suisse et d’Allemagne vont faire le déplacement dans la capitale des Gaules. Autant dire que Gerland ne sera probablement pas acquis à la cause des Bleus.

A deux jours des élections européennes où le sort de le Turquie divise toujours autant les pays de l’UE, cette rencontre amicale pourrait avoir aussi un impact politique très important. La communauté turque fera-t-elle passer des messages à travers des banderoles ? « La Marseillaise » sera-t-elle sifflée ? « Nous avons le respect des hymnes nationaux, répond Hamet. Il n’y aura aucun souci. C’est un match amical, on ne va pas faire la guerre. »

Avant de partir en vacances, les Bleus ont tout intérêt à enflammer le match d’entrée. Si les coéquipiers de Ribéry se montrent aussi « conquérants » que face au Nigéria, la Turquie n’aura aucun mal à marquer son territoire.