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Mangala, méconnu au bataillon

Taulier du FC Porto, Eliaquim Mangala souffre d’un déficit de notoriété en France. Le défenseur central de 23 ans pourrait profiter de la Coupe du monde pour exposer son talent et soigner sa côte de popularité.

« Je pensais qu’Eric Abidal avait une chance, mais c’est fini. Il ne joue plus avec Monaco. Ce sera Mangala et c’est un très bon choix ». Le 13 mai dernier, à quelques heures de l’annonce de la liste de Didier Deschamps, Luis Fernandez, visionnaire, vantait les mérites du défenseur du FC Porto, bientôt tout à son bonheur : « C’est une grande émotion. C’est un rêve de gosse. »

Aussi expérimenté et fédérateur fut-il, Abidal, utilisé à seulement cinq reprises lors des 17 dernières rencontres de l’AS Monaco, pouvait difficilement prétendre à son sésame pour le Brésil. « Abidal est un cas à part. Humainement, c’est la plus difficile des décisions. Je voulais m’appuyer sur lui. Son niveau de compétitivité en début de saison ne portait pas à discussion. Ce n’est plus le cas ces derniers mois », confiait le sélectionneur des Bleus, avant d’ajouter : « Il faut aussi pouvoir préparer ce qui nous attend derrière. C’est pour ça que j’ai choisi un joueur comme Eliaquim Mangala. Il est beaucoup plus jeune et possède moins d’expérience, mais ça doit lui servir pour le futur. »

Déjà auteur d’une belle saison en 2012-2013 sous le maillot du FC Porto, Mangala était de la tournée sud-américaine, l’été dernier, fêtant sa première sélection, contre l’Uruguay en juin (défaite 1-0). Après un nouvel exercice particulièrement réussi et une prestation convaincante contre les Pays-Bas en mars (victoire 2-0), Mangala a logiquement hérité, le mois dernier, de l’une des quatre places de défenseur central. 

Mangala : « J'ai appris à me battre »

C’est ainsi le moins illustre des 23 Bleus qui supplante l’un des symboles de Knysna. Un déficit de notoriété loin de perturber le natif de Colombes. « C’est tout à fait normal. J’ai quitté la France assez tôt (à 5 ans). Avec ce Mondial, peut-être que mon image va évoluer. Mais ce n’est pas une obsession », confie le joueur de 23 ans, qui a débuté chez les pros en 2008 avec le Standard de Liège.

L’un des tauliers du FC Porto, aujourd’hui dans le viseur des deux Manchester et de Chelsea notamment, estime d’ailleurs s’être forgé grâce à ces expatriations : « J’ai vécu en Belgique, en France, au Portugal, j’ai dû m’adapter à chaque fois, j’ai découvert d’autres cultures. Je pense que ça m’a fait grandir plus rapidement, ça m’a permis d’être plus fort mentalement. J’ai eu des difficultés la première saison pour m’adapter au Portugal. Porto est un club d’une autre dimension. Ça m’a fait du bien. J’ai dû apprendre à travailler, à me battre. J’ai connu la concurrence d’un top club. C’est pour ces raisons-là que je suis là aujourd’hui. »

Et ses pérégrinations sont loin de l’avoir détourné du maillot frappé du coq. Une saison au Standard de Liège et Mangala faisait son apparition chez les Espoirs en 2009, après décliné une sélection avec les U18 belges. « Même quand j’ai quitté la France, j’ai toujours été attaché au pays. J’ai toujours supporté la France. Ça ne m’a jamais quitté. Je n’ai jamais pensé une seule fois à changer de nationalité ou à jouer pour un autre pays. Ça a toujours été en moi. Et c’est naturel. » Cette Coupe du monde sera donc l’occasion idéale de nourrir à la fois son amour du voyage de la France… et de se faire un nom.

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Jérémy Bilinski avec MBo