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Matuidi : « On ne va pas au Brésil pour danser la samba »

Blaise Matuidi

Blaise Matuidi - -

A 27 ans, Blaise Matuidi disputera sa première Coupe du monde au Brésil. Devenu incontournable dans le système de Didier Deschamps, le milieu de terrain parisien évoque la cote de popularité des Bleus et ses (hautes) ambitions.

Blaise, on a l'impression que l'équipe de France a complètement changé depuis quelques mois et ce barrage retour contre l'Ukraine....

Oui, le regard que les gens portent sur l’équipe de France a changé. Et c’est vrai que ça nous fait plaisir. Ça montre que ce qu’on a su faire n’est pas passé inaperçu. Mais je n’ai pas envie de dire que c’est sur ces deux derniers matchs (3-0 contre l’Ukraine et 2-0 en amical face aux les Pays-Bas, ndlr) que l’on a complètement changé. Je pense qu’on a quand même fait des bonnes choses pendant cette campagne de qualification pour la Coupe du monde. Mais il y avait quand même un désamour et l’attitude qu’on a eu quand on était dos au mur, qui était pour nous logique, était extraordinaire pour les gens. On a vu 23 joueurs qui avaient faim, qui avait envie d’aller à la Coupe du monde. Les gens ont éprouvé du plaisir et on est fier de ça.

Qu'est-ce qu'il vous reste de cette soirée ?

Que des bons souvenirs. Lors du coup de sifflet final, ce n’est que du bonheur. Ce que je retiens, ce sont les regards avant le match. On savait qu’on allait se qualifier, ça se sentait entre nous. On sentait des tueurs, des gens qui allaient à la guerre. 

Un groupe est-il né ce jour-là ?

Plus une communion. Et pas seulement entre nous mais aussi avec le public. Je pense que les gens ont vu qu’on aimait ce maillot bleu et qu’on était fiers de le porter.

« Deschamps est très proche de ses joueurs »

Parmi les entraîneurs que vous avez connus, où situez-vous Didier Deschamps ?

Je n’ai pas l’habitude de faire des comparaisons. Après, c’est sûr que c’est un très bon sélectionneur. Il est très proche de ses joueurs, il arrive très bien à communiquer. Il a lui-même été joueur, donc il arrive à nous comprendre plus facilement. 

Avec le Honduras, l'Equateur, la Suisse, vous avez hérité d'une poule au Mondial qui semble facile...

Rien n’est jamais facile dans la vie. On va dire que c’est un groupe abordable mais avec des nations dont il faudra se méfier. La Suisse, on connait. L’Equateur, j’ai eu des échos par mes collègues du PSG et c’est une bonne équipe qui a mis en difficultés de grandes nations en Amérique du Sud pendant les qualifications. Le Honduras, je ne connais pas mais s’ils sont là, ce n’est pas par hasard. Maintenant, on ne va pas se mentir, on a nos chances pour se qualifier. 

Est-ce qu'il est raisonnable de penser que la France peut être championne du monde ?

On a le droit d’avoir des ambitions. Après, on a conscience de la difficulté des étapes à franchir pour cela. 

Quel serait votre finale rêvée ?

France-Brésil, parce que j’ai beaucoup de coéquipiers brésiliens au PSG. Quand j’entends France-Brésil, je pense à cette finale de 1998 qui est mon plus grand souvenir en tant que supporter de l’équipe de France.

Le Brésil, qu'est-ce que cela vous évoque ?

C’est le temple du football, je pense que ça été une nation victorieuses à de multiples reprises (cinq, ndlr). La samba, on connait mais on ne va pas au Brésil pour danser la samba. 

Y a-t-il un joueur brésilien que vous idolâtrez ?

Idolâtrer, c’est un grand mot mais il y a des joueurs qui ont marqué récemment l’histoire du football, comme Ronaldo. Le « Fenomeno », c’était quelque chose.

Propos recueillis par Mohamed Bouhafsi