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Mazella : « Il fallait marquer le coup »

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Pour RMC Sport, Jean Mazella, le président de la commission de discipline de la FFF, est revenu en détails sur les sanctions infligées ce mardi à Anelka, Evra, Ribéry et Toulalan.

Dans quel état d’esprit étaient les joueurs qui se sont présentés ce mardi à la commission de discipline ?
Ils étaient peinés de se retrouver là. Je les ai sentis chamboulés. Ils n’ont pas pris conscience de la gravité de leur décision lorsqu’ils ont décidé de boycotter l’entraînement.

Pourquoi certains joueurs ont-ils été plus sanctionnés que d’autres ?
Anelka est un cas particulier compte tenu des insultes qu’il a proférées envers le sélectionneur. Il ne les a jamais contestées. De toute façon il n’était pas là pour s’expliquer. Il a été l’instigateur de tout ce cirque. S’il n’y avait pas eu ces insultes dans le vestiaire, il n’y aurait pas eu toutes les réunions puis le boycott de l’entraînement. Il a refusé de faire des excuses publiques. Ensuite, c’est parti en vrille.

Son absence ce mardi au conseil de discipline a-t-elle pesée ?
Non. Disons qu’il n’a pas pu se défendre. Il aurait pu nous donner les raisons pour lesquelles il a proféré ces insultes. Mais la commission n’a pas pris en compte le fait qu’il ne soit pas venu. Pourquoi 18 matches ? On voulait d’abord sanctionner en mois puis en années. Compte tenu du calendrier de l’équipe de France, on a finalement compté en matches. Dix-huit matchs, ça représente environ un an et demi.

Qu’est-ce qui a guidé l’échelle des sanctions pour Evra (5 matches de suspension), Ribéry (3 matches) et Toulalan (un match) ?
Evra était le capitaine de l’équipe de France. Il était l’interlocuteur entre le président de la Fédération (Jean-Pierre Escalettes), le staff technique et le sélectionneur. Il a dérogé à ses fonctions morales. Franck Ribéry était le vice-capitaine. Même s’il avait quelqu’un pour le représenter, on a jugé qu’il était quand même dans le coup, à un moindre niveau que Patrice Evra. Toulalan a pris sous son bonnet la rédaction du fameux communiqué. Mais il a fait un pas dans l’autre sens pour aider les autres, en se disant : « Je vais essayer d’arranger le coup. » C’est ce qui est ressorti des instructions. On lui a mis un match de suspension.

Pourquoi Eric Abidal n’a-t-il pas été sanctionné ?
Eric n’était apte à jouer (le dernier match de poule contre l’Afrique du Sud, ndlr). Le sélectionneur l’a vu. Ce n’était pas un refus de jouer. On a pris note des explications du joueur et du sélectionneur pour ne pas le sanctionner. Son rôle dans le bus a été examiné mais il n’est pas méchant. Il a tapé sur le carreau en disant au chauffeur : « Il faut partir. » Ce n’était pas bien grave. 

Avez-vous pensé aux propos de Laurent Blanc, qui jugeait la sanction contre la Norvège suffisante ?
Oui, mais il fallait marquer le coup. On n’aurait pas compris si on ne les avait pas sanctionnés. Les gens disaient qu’il fallait les radier à vie… Il ne faut pas tomber non plus dans l’excès. Si on avait voulu préserver les intérêts de l’équipe de France, on les aurait blanchis. Il fallait faire quelque chose d’accepté et d’acceptable.

Jérôme Sillon