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Mexès, une belle carte à jouer

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Sans sélection depuis plus d’un an, Philippe Mexès devrait retrouver les Bleus le 11 août prochain en Norvège. A 28 ans, le défenseur de l’AS Rome pourrait bien devenir le patron de la défense de Laurent Blanc, son idole d’enfance..

Barrée d’un léger serre-tête, sa tignasse blonde reflète les quelques rayons de soleil qui enveloppent la capitale. Ce dimanche, Philippe Mexès affronte le PSG en clôture du Tournoi de Paris (1-1). Dans un Parc des Princes qui sonne creux, le défenseur de l’AS Rome est vigilant, concentré, impliqué dans chacune de ses interventions. Pour lui, l’après-midi n’a rien d’amical. Il sait que quelque part en tribune présidentielle, Laurent Blanc l’observe avec attention…

Au final, il livre une prestation honnête, sans fioritures. « J'ai essayé d'être tranquille et libéré, mais ce n'est pas évident avec le sélectionneur dans les tribunes, explique l’ancien Auxerrois. Laurent Blanc ne s'est pas entretenu avec moi, il est venu après le match dire bonjour dans les vestiaires, ça m'a permis de lui serrer la main. C'était mon idole quand j'étais plus jeune, il est aujourd’hui sélectionneur. Je suis très heureux de le voir à ce poste-là. » Une joie d’autant plus intense qu’elle pourrait lui rouvrir les portes bleues.

Un joueur plus mûr

Jeudi, Laurent Blanc dévoilera la liste des joueurs retenus pour défier la Norvège le 11 août à Oslo. En l’absence des 23 mondialistes, Mexès a une belle carte à jouer. Il a d’ailleurs reçu une préconvocation ces derniers jours. Signe que son come-back n’est plus très loin. A 28 ans, le natif de Toulouse est un joueur plus mûr. En six saisons (220 matches, 13 buts) il a pris du galon dans la capitale italienne, de l’expérience. Sous l’aile protectrice de Francesco Totti, il a bonifié et durcit son jeu tout en essayant de canaliser des nerfs qui l’ont souvent lâché. A l’heure où l’équipe de France se cherche désespérément une charnière centrale, il peut présenter le profil du sauveur.

Véritable libéro à l’ancienne, celui que Lilian Thuram avait qualifié de « défenseur le plus talentueux de sa génération », n’a pas eu la trajectoire escomptée en sélection. La faute, entre autres, à un mental parfois fragile et quelques fautes trop visibles pour passer inaperçues, comme cette débâcle face à l’Autriche en septembre 2008 où il est tenu pour responsable sur deux buts (1-3 lors des éliminatoires du Mondial 2010). Un échec qui l’a peu à peu éloigné de l’équipe nationale. Absent du groupe France depuis le 5 juin 2009 et un match contre la Turquie à Lyon (1-0), Mexès s’apprête à retrouver le parfum des joutes internationales. Avec une soif de revanche. Et peut-être un nouveau statut.

Alexandre Jaquin