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Ni peur ni doute en Ukraine

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A l’heure d’aborder le barrage qualificatif au Mondial 2014 contre la France, avec le match aller ce vendredi (20h45) à Kiev, le peuple ukrainien se méfie des joueurs français. Sans pour autant craindre cette double confrontation. Reportage.

La méfiance reste de mise. Et les discours de circonstance. A écouter les spécialistes hexagonaux évoquer la double confrontation face à l’Ukraine, ce vendredi puis mardi en barrage qualificatif pour la Coupe du monde au Brésil, une tendance semble se dégager : celle d’une équipe de France qui doit certes manier la prudence mais s’avance dans la peau du favori. Mais au fait, en Ukraine, ils en pensent quoi ? Ces Bleus qui ont retrouvé le goût de la victoire font-ils peur ? Une première évidence : le peuple ukrainien aborde le match aller avec une certaine confiance. Sans voir les troupes de Didier Deschamps avec ce statut supposé de grand favori, malgré ses joueurs talentueux.

« Est-ce qu’on a peur ? On ne peut pas vraiment dire ça, répond Yassine, un supporter ukrainien d’origine marocaine. Notre équipe a repris confiance. Bien sûr, c’est l’adversaire le plus difficile qu’on aurait pu avoir. Mais les gens ont confiance, ils pensent vraiment qu’on peut gagner contre la France. » Conscients, tout de même, des forces en présence face à eux. « La France est plus forte, admet Oleg, Ukrainien travaillant à l’ambassade de France à Kiev. Mais je pense que c’est du 50-50. Nous avons aussi beaucoup de bons jeunes joueurs comme Yarmolenko et Konoplyanka. Ces footballeurs aiment gagner et ils n’ont pas peur de jouer contre la France ou le Brésil. » Le statut des Bleus pourrait même servir de source de motivation. « Nos adversaires sont forts, tant mieux, ça va peut-être mobiliser les efforts des Ukrainiens pour se battre », envisage Sergueï Polkhovski, responsable de la chaîne de télé du Dynamo Kiev.

« Le principal atout de la France, c'est Ribéry »

Pas de béatitude, donc, mais de l’optimisme. Chez les supporters comme chez les joueurs. « Bien sûr que je suis optimiste, annonce Anatoliy Tymoshchuk. On est prêt à tout donner sur le terrain pour gagner et aller au Brésil. Ce match est un incroyable rendez-vous pour nous. La France est un adversaire redoutable. Mais on a aussi de grandes chances de se qualifier. » Et la légende ukrainienne Andrei Shevchenko de résumer : « Il n’y a pas vraiment de favori. Les deux matches seront très disputés. Ce sera très ouvert. La France a une belle équipe. Et nous avons une formation en devenir qui traverse une bonne période. » Si crainte existe, elle semble plutôt se porter sur la personne de Franck Ribéry, peut-être prochain Ballon d’Or, qui tient une forme exceptionnelle. « Le principal atout de la France, c’est bien sûr Ribéry, lance Yassine. C’est celui qu’on redoute le plus. Tout le monde en parle. »

« Sur le terrain, il est vraiment fort, poursuit Tymoshchuk, son ancien coéquipier au Bayern. Il fait partie des meilleurs joueurs au monde. » Entouré, de plus, de quelques autres joueurs dangereux. « Il y a aussi des buteurs comme Benzema, qui a réappris à marquer, ou Giroud, précise Sergueï Polkhovski. Et puis Pogba. » Reste à interpréter les symboles. Toute la semaine, au stade olympique de Kiev, où sera disputé le match aller, se tient une exposition sur le… naufrage du Titanic. A l’heure des barrages, pour un pays qui a déjà été éliminé à quatre reprises à ce stade des qualifications (Coupes du monde 1998, 2002 et 2010 mais aussi Euro 2000), le présage ferait tressaillir les plus superstitieux. A moins qu’ils imaginent plutôt voir les Bleus couler.

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Alexandre Herbinet avec Jérôme Sillon à Kiev