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Rama Yade : « Il faut sans délai une nouvelle équipe »

Pour la secrétaire d'Etat aux Sports, des réformes doivent être engagées après le fiasco des Bleus en Afrique du Sud

Pour la secrétaire d'Etat aux Sports, des réformes doivent être engagées après le fiasco des Bleus en Afrique du Sud - -

Muette durant plusieurs jours, la secrétaire d’Etat aux Sports a retrouvé la parole. Son autopsie du parcours des Bleus est au scalpel. Des têtes vont tomber, et des réformes être engagées.

Faut-il que tout le Conseil fédéral de la FFF démissionne après la débâcle des Bleus ?
Je pense que la crise a été tellement grave qu’il faut qu’on identifie des responsables, des acteurs de cette crise. Les responsables doivent en tirer toutes les conséquences, il faut maintenant sans délai une nouvelle équipe, un nouveau projet, neuf, pour accompagner Laurent Blanc. Laurent Blanc a beaucoup de qualités, il est attendu comme un messie. Il a une autorité, un charisme, un palmarès, qui vont faire beaucoup de bien je pense à l’équipe de France. Mais si les problèmes de structure restent les mêmes autour de lui, au bout d’un moment, il risque de connaître les mêmes problèmes que Raymond Domenech. Même si Domenech avait un fonctionnement qui faisait que l’équipe de France vivait sa vie à côté de la Direction technique nationale.

Peut-on forcer Escalettes et son équipe à passer la main ?
On ne peut pas les forcer mais l’État n’est pas non plus illégitime à intervenir sur le dossier des fédérations. Nous sommes même tout à fait légitimes désormais, vu l’ampleur de cette catastrophe. J’avais déjà soulevé tous ces problèmes. Chaque fois on m’avait dit que je faisais de l’ingérence… Ce qui est dramatique dans cette affaire, c’est qu’il y ait eu des dysfonctionnements qui étaient prévus. A aucun moment le système fédéral n’a été en capacité de les régler. Il y a quatre, cinq mois, j’avais dit : s’il fallait changer Domenech, c’était en 2008. La FFF, c’est 200 millions d’euros, c’est des personnels, des équipes nationales, des sponsors, des droits TV. C’est comme une entreprise économique. A la tête, nous avons des dirigeants qui sont des gens biens, droits, qui me semblent honnêtes, que j’apprécie beaucoup. La question est de savoir si c’est ce type de structure qui est le plus à même de gérer une équipe de professionnels, des gens qui sont millionnaires et qui ont des ambitions sportives de cette nature.

« Un volet civique dans la formation des footballeurs »

En Afrique du Sud, vous êtes allée dans le township de Knysna, mais pas avec les joueurs…
Je me dis que finalement j’ai subi le même sort que tous les supporters français qui se rendaient près des joueurs et qui en retour n’avaient pas un regard pour eux. Je ne suis qu’un supporter parmi d’autres. Je garde pour moi ce que j’ai pensé, mais ça a été confirmé par la suite par le comportement des joueurs vis-à-vis des supporters, vis-à-vis de la France entière.

Et Domenech qui ne serre pas la main de l’entraîneur d’Afrique du Sud après l’élimination…
Quand on porte le maillot national, le maillot français, on est ambassadeur de son pays, on est l’incarnation des valeurs de son pays. On doit être un exemple pour la jeunesse, pour ces éducateurs, pour ces clubs qui vous admirent. Il faut que nous soyons plus fermes. Ce que j’ai proposé aux instances, aux acteurs du football, c’est que dans la formation sportive de nos futurs champions, futurs membres de l’équipe de France, il y ait un volet civique dans cette formation. J’ai appris par exemple que quand un match démarrait, on leur apprenait à se tenir droit et pas à chanter La Marseillaise. On leur disait : « La Marseillaise ce n’est pas obligatoire ». Vous vous rendez compte ?

Raymond Domenech peut-il rester à la Direction technique nationale de la FFF ?
C’est à lui de tirer les conséquences de cette situation. Quand on a été sélectionneur de l’équipe de France pendant autant d’années et qu’il y a eu une telle bérézina, c’est une question de dignité.