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Riolo : « Moment de vérité… »

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La France affronte l’Ukraine vendredi puis mardi dans un barrage capital pour l’avenir du foot français. Et il y a de quoi être raisonnablement optimiste…

On y est. Enfin. Un match couperet. Le Mondial ou le néant. Le foot français joue tout, Deschamps joue gros. Car forcément, sa crédibilité sera entamée en cas d’échec. Les joueurs jouent aussi leur avenir national. Les « revanchards », les ex-caïds de Knysna, qui doivent participer à l’oubli : Ribéry, Abidal, Evra. Ceux qui doivent se faire aimer, créer un lien : Benzema, Nasri, Sagna. Et puis, il y a les autres, les assistants qui aspirent à plus : Pogba, Matuidi, Giroud…

Deux matches face à l’Ukraine et l’espoir d’un renouveau. On ne pense même pas à la suite. Comme si aller au Brésil était une fin en soi. « Avant », aller à la Coupe du Monde, c’était normal. Aujourd’hui, on est dans l’attente, la trouille de ne pas y être. Et on n’envisage pas la compétition. Y aller et se faire sortir en poule, ce sera apprécié comment ? Un 8e sans gloire ? Peu importe, c’est loin tout ça. Il faut d’abord sortir l’Ukraine. Comme l’EIRE en 2009, comme la Bosnie en 2011 (dernier match de poule). La France a souvent joué son avenir de cette façon. Bulgarie 1977, Pays-Bas 1981, Yougoslavie 1985, Bulgarie 1993…

Ça s’est souvent bien passé d’ailleurs. Des émotions, de la trouille, mais mis à part le funeste France-Bulgarie de 1993, on a toujours eu droit au Happy End.

Les équipes du passé qui ont eu à disputer ces rencontres étaient souvent plus talentueuses. Celle de 2009 notamment. Ça a pourtant toujours été compliqué. C’est dire s’il ne faut pas trop fanfaronner avant ce barrage.

Que va proposer l’Ukraine ? Tout d’abord, son bilan. Positif. La sélection de 2012 a débuté ces éliminatoires de CM sans croire une minute au Brésil. Elle reste pourtant dans une dynamique très positive. Jouer ce barrage est une bonne nouvelle, la suite d’une belle histoire. La pression est donc écartée. Elle est sur les Bleus pour qui jouer un barrage reste un handicap. Oui, deuxième derrière l’Espagne, c’est normal. Mais ne pas aller au Mondial, c’est une catastrophe sportive. Pas pour l’Ukraine.

Face à eux, les Bleus vont trouver un collectif enthousiaste, affichant du talent sur les côtés. Une équipe rugueuse aussi. Regardez le nombre de cartons en éliminatoires. L’Ukraine aime le combat.

Et la France ? Difficile de deviner l’état d’esprit du groupe. La pression est, en tout cas, réelle. Pourtant et même si ses références en gros matches sont faibles, l’équipe de France arrive pour ce barrage dans une forme qu’on ne lui a pas connu depuis longtemps. Ribéry n’a peut-être jamais été aussi fort. Benzema traverse une bonne période au Real. Pogba devient énorme à la Juve, indispensable. Matuidi évolue dans un PSG resplendissant. Giroud est bon à Arsenal, Nasri fait de bonnes choses à City… Donc oui, il y a des leaders, des hommes forts. Des joueurs qui évoluent au plus haut niveau dans de grands clubs. Avec ça, ça doit passer.

Et ce, même si la défense en cas de présence d’Abidal, d’Evra, reste énigmatique. Même si au milieu, on ne sait pas très bien ce que va mettre en place Deschamps… Même si les Bleus n’ont pas fait deux gros matches de suite depuis…

Jusqu’au bout, Deschamps, comme Blanc avant lui, aura misé sur l’ancienne génération (celle de 2008-10-12). Au fil du temps, on a vu venir de nouveaux joueurs mais les patrons restent les « anciens ». C’est donc la dernière chance pour la bande Ribéry, Abidal, Evra, Benzema, Nasri, Sagna… C’est maintenant ou jamais pour eux. Une sorte de dernier combat. Et franchement, après avoir massacré le Mondial 2010, ils nous doivent au minimum une qualification pour le Brésil 2014 !

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Daniel Riolo