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Sakho : « Je ne veux pas être dans l’ombre »

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Mamadou Sakho a retrouvé l’équipe de France pour affronter l’Australie (ce vendredi 11 octobre) et la Finlande (mardi 15). Désormais joueur de Liverpool, l’ex-Parisien veut rattraper le temps perdu, et se montre plus ambitieux que jamais.

SUR L'EQUIPE DE FRANCE

Mamadou, vous avez notamment quitté Paris où vous ne jouiez plus pour retrouver les Bleus. Quel est votre sentiment pour ce retour en sélection ?

Je suis évidemment très satisfait de ce retour avec les Bleus. C’était un objectif et il a été atteint. J’en suis fier.

Avez-vous le sentiment d'avoir pris du retard dans la hiérarchie des défenseurs en équipe de France ?

Pour tout joueur de haut niveau, la concurrence n’est pas un problème. On a grandi avec ça, j’en ai toujours eu et j’en aurai toujours, je le sais. Les matches que j’ai faits avec les Bleus, j’ai toujours donné le maximum. Je ne pense pas avoir du retard. Il y a des joueurs de qualité à ce poste et c’est tant mieux pour l’équipe de France et les supporters si tout le monde se donne à fond pour élever le niveau de l’équipe et aller chercher les objectifs que l’on a ensemble.

On a beaucoup parlé de la causerie de Patrice Evra à la mi-temps de Biélorussie-France (2-4). Quel est son rôle au sein de l'équipe ?

C’est un joueur important, qui a beaucoup d’expérience, il a du vécu avec les Bleus et avec son club. C’est un cadre en équipe de France, il donne beaucoup de conseils aux jeunes qui sont là pour progresser.

On vous sent très ambitieux cette saison. Est-ce pour éviter le traumatisme de manquer une nouvelle grande compétition internationale ?

Traumatisme, je n’irai pas jusque-là… Ce qui est sûr, c’est que quand j’ai débuté ma carrière, je me suis donné des objectifs à atteindre. Je ne préfère pas en parler pour ne pas qu’on pense que je suis trop ambitieux. Mais j’ai envie de grandir, de progresser, de ne pas être dans l’ombre d’untel ou untel. Je veux vivre ma carrière pleinement, faire des choix, les assumer, et le plus important, prendre du plaisir à jouer. Personne ne peut acheter mon plaisir de jouer.

Vous allez retrouver le Parc des Princes contre l'Australie. Avec une certaine émotion ?

Ça fait plaisir. Quand j’avais 8 ans, j’étais dans les tribunes, je voyais les joueurs comme dans Football Manager. Ça fait plaisir de retrouver ce stade, d’autant plus avec les Bleus.

Le groupe est motivé, malgré l'absence d'enjeu ?

On est très motivés par ces deux rencontres. Ce sont des matches importants pour nous, pour la confiance. Et pour le classement FIFA, ça pourrait faire la différence. On va se concentrer pour bien jouer et gagner.

Comment vivriez-vous le fait de ne pas se qualifier pour le Mondial ?

Je vais vous répondre très clairement : personnellement, je n’y pense pas. Quand tu es un joueur ambitieux, tu ne penses jamais à la défaite. Tu travailles pour gagner .A partir du moment où tu es positif dans ta tête, tu n’y penses pas. Il faut foncer. On a des joueurs d’expérience, et il n’y a pas de raison que la France ne se qualifie pas.

SUR LIVERPOOL

Vous avez été ovationné à Anfield lors de votre dernier match. Comment l'avez-vous vécu ?

Ça fait toujours plaisir, et chaud au cœur. Il m’a fallu un temps d’adaptation, et c’est logique, dans un nouveau pays, sans connaître la langue ni ses partenaires. Particulièrement à mon poste où il faut savoir communiquer. C’est normal que les débuts aient été difficiles, mais je me sens de mieux en mieux. J’ai eu besoin de quatre-cinq matches pour me mettre dans le bain, ça a été assez rapide, espérons que ça continue.

Vous avez récemment déclaré que l'étiquette de Parisien pure souche que l'étiquette de Parisien pure souche que l

Dans le football on a tendance à oublier qu’on est des hommes avant tout. On utilise les joueurs par rapport à leur image, ou pour ce qu’ils représentent au club. J’ai voulu casser ça avec Paris. A partir du moment où mon travail n’était pas récompensé, j’ai préféré prendre une décision et l’assumer. J’ai toujours assumé le fait d’être le titi parisien. Personne ne peut rien y faire, ni changer ce truc-là.

Comment se passe votre vie en Angleterre ?

C’est un très gros changement pour moi. Je suis natif de Paris, je n’avais jamais bougé de là-bas. J’ai pris mon indépendance. Changer de pays, de culture, avec une nouvelle langue et une nouvelle façon de vivre, ça change beaucoup. Mais je m’y fais très bien. C’est un style de vie qui me plaît énormément, il n’y a aucun souci là-dessus.

Quelles sont vos impressions sur la Premier League ?

Ça change ! J’ai vraiment senti que le football était vécu d’une façon différente par les supporters. Quand Liverpool joue, la ville arrête de vivre, c’est impressionnant. Au niveau du jeu, l’intensité est impressionnante, que ce soit contre Crystal Palace ou Manchester United. Tout le monde se bat pour son maillot. Ce n’est pas le meilleur championnat du monde pour rien.

Quel joueur vous a impressionné depuis votre arrivée à Liverpool ?

Le joueur qui impressionne toujours à Liverpool, c’est Monsieur Gerrard (Steven, ndlr). C’est un homme respectueux, calme, serein, avec un pied réglé comme une horloge. S’il décide de mettre le ballon quelque part, il le fait. Il est parfait sur le terrain et en dehors aussi, c’est quelqu’un de très bien, qui a facilité mon intégration.

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Recueillis par Jérôm Sillon et à Clairefontaine