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Smerecki : «Mes joueurs n’ont rien à voir avec ceux de Domenech »

Francis Smerecki (à droite)

Francis Smerecki (à droite) - -

Même s’il se défend de faire une comparaison avec les Bleus, l’entraîneur de l’équipe de France des moins de 19 ans apporte un témoignage original et pertinent sur les conséquences du fiasco sud-africain. Il y est question de respect, de règles et d’écoute.

Francis, imposez-vous des règles à vos joueurs quand ils portent le maillot bleu?
C’est une évidence. On ne porte pas le maillot de la France comme on porte un T-shirt à l’effigie de je-ne-sais-qui. Je crois même qu’il y a une charte chez les jeunes. Ne croyez pas que la « maison bleue » chez les jeunes, marche comme ça, simplement sur deux yaourts et une banane (sic). Dans tout groupe, pour bien vivre, il faut un cadre. S’il n’y en a pas, il y a trop de liberté. Les règles existent sur le terrain, mais aussi dans la vie commune. Il doit y avoir du respect entre eux et vis-à-vis de l’encadrement. Ils doivent également avoir un grand respect par rapport au coq qu’ils portent sur le cœur.

Le fiasco de l’équipe de France en Afrique du Sud a-t-il eu un impact sur les moins de 19 ans?
L’autre équipe de France ne m’intéresse pas. Mes joueurs n’ont pas le même âge que ceux de Domenech. Ce ne sont pas les mêmes individus. Les autres ont un statut, une présentation et des émoluments différents. On ne peut pas les comparer. Le public n’a pas les mêmes yeux pour eux que pour les grands. On le voit bien sur le bord du terrain. Contre Guingamp (1-1 en match de préparation le week-end dernier, ndlr), non seulement ça s’est bien passé, mais le public est venu. Il y avait plus de 800 personnes.

Avez-vous parlé des Bleus à vos joueurs ?
Bien sûr que oui. Tous ces jeunes vont aller en Ligue 1. Le football qui les attend demain, c’est celui-là, avec beaucoup de médiatisation, le soutien du public mais également des devoirs. Mais notre discours ne dépasse pas ce cadre. Ils sont à l’écoute et sont redevables envers leur club et leur sélection.

La FFF a-t-elle demandé à ses entraineurs nationaux de soigner l’éducation des jeunes ?
Aujourd’hui, c’est trop tôt. Le nouveau président n’est pas encore élu, Laurent Blanc arrive. Il y aura sans doute des objectifs définis en la matière, comme dans tous les pays où il a fallu relancer le football.

Propos recueillis par Clément Zampa à Dinard