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Thuram : « Quand je serai mort… »

Lilian Thuram

Lilian Thuram - -

Auteur d’un inoubliable doublé contre la Croatie en demi-finale de la Coupe du monde 1998 (2-1), l’ancien défenseur de l’équipe de France a joué ce dimanche un tournoi de foot en salle, le CIF-Futsal, au Palais Omnisports de Paris-Bercy en compagnie des champions du monde. L’occasion de revenir, treize ans plus tard et à la veille de France-Croatie au stade de France, sur un match qui a marqué sa vie à tout jamais.

Lilian, un mot d’abord sur ce tournoi de futsal. Avec vos coéquipiers de France 98, vous avez été éliminés en demi-finale par Lille…

Que voulez-vous, les jambes ne suivent plus... Il y a des restes mais justement, ce ne sont que des restes. Je n’ai pas marqué de but ? Comme d’habitude, ai-je envie de dire (sourire). Mais ça reste très agréable de se retrouver, de s’amuser. On a du mal physiquement, mais il y a beaucoup d’amour entre nous. Le plus important, c’est de se retrouver pour jouer. Le plus fort de nous tous ? C’est Youri Djorkaeff, égal à lui-même. Il ne défend pas. Il respecte ses consignes (il rit).

Le 8 juillet 1998, vous avez envoyé la France en finale de la Coupe du monde grâce à un doublé resté dans toutes les mémoires…

Dans l’inconscient collectif, ce match, c’est Lilian Thuram. Mais ce n’est pas vrai, c’est toute l’équipe de France qui avait gagné cette demi-finale. Ça reste bien sûr un match très particulier pour moi. La preuve, si la France avait perdu 1-0, tout le monde aurait dit : « C’est la faute de Thuram » (ndlr, il avait couvert Suker sur le but croate). La vie ne tient pas à grand-chose, parfois… Quand je serai mort, on montrera sans doute les images de ce match, deux-trois minutes en disant : « Souvenez-vous, c’était Lilian Thuram, ce monsieur qui, par le plus grand des hasards, avait eu la chance de marquer deux buts ce jour-là… » (sourire). 

Ce match vous hante-t-il encore aujourd’hui, treize ans plus tard ?

S’il n’y avait pas eu les images, je ne me serais souvenu de rien. Avant ce match, je ne marquais jamais de but. Ce soir-là, j’en ai marqué deux. Après, je n’en ai plus marqué… Ce doit vraiment être quelqu’un d’autre qui les a marqués, ces deux buts !

Assisterez-vous au match ce mardi ?

Je ne serai pas au Stade de France, non. Mais il y a de grandes chances que je regarde le match à la télévision.