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Ukraine-France : Les Bleus au bord du gouffre

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Dominée sur le plan physique et battue 2-0 à Kiev ce vendredi, l’équipe de France a fait la très mauvaise opération du barrage aller. La victoire par au moins deux buts d’écart sera impérative, mardi au Stade de France, pour rêver.
Patrice Evra
Patrice Evra © -

Il y avait l’excitation des journées sportives à part, ces heures avant le match qui défilent plus lentement qu’à l’accoutumée, dans l’attente. Il y avait de la tension, beaucoup, de la peur, peut-être encore plus. Il y avait des gestes de stress, des premières passes ratées, des ballons qui se dérobent, un match âpre, haché. Il y avait des contacts appuyés, le combat physique à l’impact, l’agressivité, les fautes en pagaille. Il y avait tout ça, comme prévu, et il y en aura plus encore dans quatre jours. Rencontre sous tension par excellence, le barrage aller entre la France et l’Ukraine a été fidèle à ce qu’on pouvait en attendre. Avec un gros bémol côté tricolore : le score.

Pris au piège par des Ukrainiens qui ont su dominer sur le plan physique tout en se procurant quelques situations dangereuses, les Bleus ont repoussé l’échéance le plus longtemps possible avant de craquer par deux fois devant la volonté et l’envie ukrainiennes, matérialisées par les but signés Zozoulia (61e) et Yarmolenko (82e, s.p.). Deux buts d’écart sans en marquer un seul pour un match à l’extérieur, le résultat n’est pas loin – sauf totale raclée – d’être le pire imaginable. Surtout dans le cadre d’un aller-retour et d’un barrage qualificatif à la Coupe du monde. On peut déjà prévenir les cœurs sensibles : on va vivre de l’émotion, beaucoup d’émotion, mardi soir (21h). Et a priori, pas dans le bon sens.

Carton rouge bête pour Koscielny

Pour voir le Brésil, et le Mondial rêvé par tout footballeur, il faudra réaliser un exploit. Rien de moins. Au Stade de France, avec ce revers 2-0 en terre adverse en arrière-plan, la moindre action ukrainienne va mettre le trouillomètre tricolore dans tous ses états. Un but du poison Yarmolenko (qui aura fait du côté gauche défensif hexagonal, Patrice Evra et Eric Abidal, une victime expiatoire de son activité offensive) ou d’un de ses coéquipiers et les Bleus devront en marquer… quatre pour se qualifier. Tout succès par un but d’écart les éliminerait et la seule victoire par deux buts d’écart qui les maintiendrait en vie serait un 2-0 qui enverrait tout ce beau monde en prolongations. Bref, si rien n’est encore terminé à la mi-temps des 180 minutes du barrage, le sens de l’histoire (aucune nation battue 2-0 à l’aller n’est parvenue à renverser la situation au retour dans l'histoire des barrages) et du jeu observé ce vendredi place la France en position très défavorable.

Il faut dire qu’elle n’a pas fait grand-chose pour obtenir mieux. La première période ? Une tête cadrée de Giroud (6e), un centre dangereux mais repris par personne signé Ribéry (16e) et… rien d’autre, ou presque. En face, l’Ukraine s’appuyait sur son impact au combat et s’offrait plusieurs actions chaudes. La seconde ? Aussi pauvre pour les Bleus, qui verront Koscielny prendre un carton rouge sur un geste de frustration bête (91e) et pourront regretter l’énorme raté de Nasri esseulé face au gardien (65e). Le score était alors de 1-0. Ce but à l’extérieur, si important pour la suite, essentiel même, aurait fait tellement de bien aux Bleus. Comme beaucoup d’autres choses qui leur ont manqué. Ils auront même été tout près d'en prendre un troisième. Au pied du mur, Didier Deschamps et ses joueurs ont quatre jours pour changer les choses. Réaliser l’exploit d’une vie. Après, il sera trop tard. Et le Brésil, peut-être bien enterré dans leurs (et nos) rêves.

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Alexandre Herbinet