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Ukraine-France, un barrage qui vaut cher

Eric Abidal et Franck Ribéry

Eric Abidal et Franck Ribéry - -

L’équipe de France affronte l’Ukraine, ce vendredi à Kiev (20h45), en barrage aller de la Coupe du monde 2014. Une rencontre qui s’annonce décisive à bien des égards, en premier lieu pour l’avenir proche des Bleus et celui de Deschamps.

Un enjeu sportif évident

Il faut remonter vingt ans en arrière pour trouver trace d’une Coupe du monde disputée sans la France. C’était en 1994, aux Etats-Unis. Un traumatisme encore bien présent dans les esprits à l’heure d’entamer ce barrage face à l’Ukraine. Descendus à la 21e place du classement FIFA, les Bleus ne peuvent pas se permettre un nouvel affront. Surtout pas après un Mondial 2010 catastrophique, marqué par la grève de Knsyna et une élimination dès la phase de poules. Et un Euro 2012 à peine plus reluisant, avec – entre autres - le dérapage de Samir Nasri.

« La France se doit de faire partie des qualifiées, parce que c’est une grande nation du football, clame le défenseur Mathieu Debuchy. Ne pas être à la Coupe du monde serait une grosse désillusion, forcément. » Une désillusion que la France a failli connaître en 2009, lors d’un barrage épique face à l’Irlande. La main de Thierry Henry avait évité le pire. Mais les Bleus ne pourront pas toujours compter sur un coup de pouce du destin.

Une image à redorer

Le temps où le visage de Zinedine Zidane illuminait l’Arc de Triomphe semble bien loin. A force d’enchainer les contre-performances, l’équipe de France et ses joueurs à problèmes ont sérieusement écorné leur image auprès du public. « Le désamour est réel, palpable, reconnait Youri Djorkaeff, champion du monde 1998. Il est aussi logique quand il y a une accumulation de mauvais résultats et une mauvaise communication. Les gens regardent les matches, ils voient ce qu’il se passe. La reconquête du public devra se faire petit à petit. Ce n’est pas quelque chose qui doit être forcé. »

Elle passe par une qualification pour le Brésil. Si possible avec la manière. Les dernières sorties des troupes de Didier Deschamps ont redonné un peu d’espoir. Mais les supporters attendent désormais que leur équipe se remette à briller dans les moments qui comptent. Ce barrage en est un.

Des sponsors à rassurer

Une qualification pour le prochain Mondial n’est pas seulement une histoire de prestige. Elle est aussi vitale pour l’équipe de France. Parmi ses douze partenaires (qui représentent 62,2 millions d’euros), dont Nike, Coca-Cola ou Carrefour, certains étudient actuellement la possibilité d’étendre leur contrat. Mais les négociations ont été gelées en attendant l’issue de ce barrage face à l’Ukraine. La présence des partenaires de Franck Ribéry au Brésil l’été prochain conditionnera beaucoup de choses.

Des Bleus qui disputent la Coupe du monde ne se négocient pas au même prix. Même si elle affiche son optimisme, la FFF en a parfaitement conscience. TF1 également. Le diffuseur officiel de l’équipe de France, qui détient aussi les 64 matches du Mondial 2014, croise les doigts pour assister à une issue heureuse, mardi au Stade de France.

Deschamps joue son avenir

Si la France s’avance sans filets vers cette double confrontation face à l’Ukraine, c’est encore plus vrai pour Didier Deschamps. Deux ans après son arrivée à la tête des Bleus, l’ancien coach de l’OM joue quasiment sa tête sur ces barrages. « J'ai toujours été clair : si on se qualifie, son contrat est prolongé jusqu'à l'Euro 2016 », a rappelé Noël Le Graët, le président de la FFF, dans Le Monde. Une manière de dire qu’il ne le sera probablement pas en cas d’échec.

DD lui-même aurait du mal à poursuivre l’aventure avec un tel échec dans les bagages. Interrogé la semaine dernière à ce sujet, le sélectionneur des Bleus a pourtant écarté une éventuelle démission. « Ça n’occupe même pas un dixième de seconde mon esprit, a-t-il assuré. Je suis là pour une mission, un objectif. Toute mon attention est focalisée sur cette qualification. Je serai à fond pour atteindre cet objectif. Je ne suis pas là pour fonctionner avec des si. » Pour l’instant…

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Alexandre Jaquin