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Un lutin aux portes des Bleus

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Valeur sûre de la Ligue 1 depuis deux ans, le latéral gauche des Girondins de Bordeaux Benoît Tremoulinas (24ans) pourrait-être l’un des nouveaux appelés en équipe de France par Laurent Blanc à l’occasion du match amical du 11 août face à la Norvège.

 « Je pense qu’il est né avec un ballon dans les pieds. » Aurore, la grand-mère à l’accent chantant du sud-ouest n’a pas oublié les premiers exploits de son petit-fils balle au pied. « J’avais un pommier dans le jardin. Il donnait à peine trois pommes. Elles disparaissaient chaque printemps. Le ballon devait passer par là… » Benoît Tremoulinas a grandi à Lormont, petite ville de la banlieue bordelaise. Il y exécute ses premiers dribbles avant de passer avec succès le cap des détections chez les Girondins, à l’âge de 9 ans.

Philippe, son père, ancien joueur des Grenats en équipes de jeunes, raconte les débuts de son rejeton : « Il a été très vite surclassé. Chez les poussins, il jouait avec Mathieu Valbuena, d’un an son aîné. Il a connu un parcours linéaire jusqu’à son entrée au centre de formation. » Un cursus classique d’apprenti footballeur, agrémenté d’une belle réussite scolaire : « C’était un bon élève. Il a obtenu un bac Pro avec mention assez bien. »

Un « p’tit gars extra »

Celui que sa grand-mère décrit comme un « P’tit gars extra » a su rester proche de sa famille, malgré les multiples sollicitations de la vie de footballeur. Réunionnais par sa mère, il retourne sur l’île deux fois pas an. On a même pu le voir au mois de juillet taquiner le ballon avec ses potes Guillaume Hoarau et Florent Sinama-Pongolle lors d’un match opposant des joueurs professionnels originaires de l’île à une sélection locale. Titularisé 49 fois par Laurent Blanc la saison dernière, auteur de 2 buts et 7 passes décisives, Benoît Tremoulinas est aujourd’hui aux portes de l’équipe de France.

Témoin privilégié de sa progression, le nouveau sélectionneur apprécie le poids plume (1, 73m, 64kg), même si la concurrence en A reste rude : « Il fait partie des meilleurs arrières gauches français. Le seul problème, c'est qu'il y a beaucoup de bons joueurs. Il y en a un qui joue à Manchester United, l'autre à Arsenal, et le troisième à Lyon. Il faut qu'il fasse encore des progrès, mais pourquoi pas ? » Jeudi, une famille entière aura sans doute l’oreille tendue à l’annonce de la sélection, « Avec beaucoup de fierté, mais sans pression… ».

Sylvain Reignault