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Une rentrée mitigée pour les Bleus

Le milieu offensif lyonnais s'est distingué face à la Suède, inscrivant deux buts pour les Bleus

Le milieu offensif lyonnais s'est distingué face à la Suède, inscrivant deux buts pour les Bleus - -

Si les Bleus ont entamé leur rentrée par une victoire face à la Suède (3-2), ces derniers n'ont pas toujours affiché un visage rassurant, notamment à cause d'une défense très fébrile. Le chantier est ouvert...

Ah… qu’il était attendu ce Suède-France ! Il était inscrit en gras sur toutes les tablettes des supporters des Bleus, comme de ses principaux détracteurs d’ailleurs. La raison ? Evidente. Après avoir promis un jeu offensif, après avoir admis ses erreurs, autant en terme de coaching que de communication, Raymond Domenech, finalement maintenu à son poste de sélectionneur de l’équipe de France, était sous les sunlights. Ceux de la critique assurément. Est-ce que l’homme fort tricolore, soutenu par l’arrivée inédite d’Alain Boghossian dans son staff, allait véritablement tenir ses promesses ? La France allait-elle, enfin, montrer un visage moins calculateur, plus joueur et donc plus spectaculaire ?

Mexès, un problème de positionnement ?

Le score acquis en Suède (3-2) est, en quelque sorte, déjà un élément de réponse. Les Tricolores ont fait parler la poudre, et ce fait, à lui seul, pourrait se révéler satisfaisant et prometteur pour la suite des événements, autrement dit, la campagne de qualification pour le Mondial 2010. Mais le jeu d’attaque des Bleus a mis du temps à se mettre en place et ce sont toutes les approximations qui ont germé sur le pré dans le secteur offensif mercredi soir qui seront autant d’éléments d’étude pour la bande à Domenech dans les prochaines semaines. Physiquement, cela s’est ressenti, les Bleus ne partageaient pas tous la même quantité de gazoil dans le réservoir. Mentalement, en revanche, l’esprit de solidarité qui a parfois manqué au groupe France lors du dernier Championnat d’Europe des Nations, a cette fois été omniprésent sur le pré. Une bonne chose pour le futur… mais surtout un excellent point positif face à la Suède, vu la prestation défensive des Bleus.

Car les Bleus ont dû s’employer mercredi. A plusieurs reprises. Evra, d’un tacle millimétré dans la surface devant Rosenberg (47e) ou encore Mexès (52e) ont eu le geste juste au bon moment… un fait rare pour le second d’ailleurs. Le défenseur romain jouait gros, on le sait, dans ce match amical à forts relents pourtant d’Euro 2008. Successeur attitré de Thuram par… l’intéressé lui-même, enfin dans les petits papiers du sélectionneur, Mexès a manqué sa partition, pas aidé, il est vrai, par un positionnement (axe gauche alors qu’il a toujours joué en tant qu’axe droit) et une complicité à parfaire avec William Gallas. Sobre et fort sur l’homme, le Romain n’a pas toujours eu le placement sûr et a symbolisé la fébrilité défensive tricolore, prise en faute sur l’ouverture du score, un but du vétéran Henrik Larsson - un superbe retourné acrobatique – (5e) et en fin de match, sur un penalty de Källström concédé par Alou Diarra (85e).

Henry avait du jus

A l’heure des comptes, Philippe Mexès n’est donc pas le seul à blâmer. William Gallas, son partenaire en charnière centrale, n’a pas été plus rassurant, pas plus que des latéraux (Sagna, Evra) portés sur l’offensive mais moins regardants dans la couverture du ballon. Toutefois, ce Suède-France n’a pas été qu’un vaste listing des défauts apparents de nos nouveaux Bleus. Il y a eu du bon, du très bon même lors des 93 minutes jouées par les Français sur le pré. Steve Mandanda, intronisé gardien en chef du temple bleu, a fait du Mandanda, c’est-à-dire des parades exceptionnelles, décisives et écoeurantes pour l’adversaire, notamment face à Rosenberg, à deux reprises dans la surface de réparation (34e) et devant Larsson (36e). Florent Malouda, souvent critiqué pour son manque de présence sur le flanc gauche, a retrouvé des cannes, de l’envie et un sens de la passe bien utile sur le deuxième but tricolore signé Govou (61e). Enfin, si le milieu Toulalan-Lassana Diarra a été plutôt performant à partir du moment où les Bleus ont eu l’avantage du score, la grande satisfaction est venue de devant, avec un duo Benzema-Henry très complice techniquement parlant.

Le premier a retrouvé le sens du but qu’il croyait avoir perdu avant l’Euro (19e), le second a été inspiré, auteur d’un coup-franc magnifiquement repoussé par Isaksson (59e) et passeur décisif sur le deuxième but tricolore, là encore à l’actif de Govou (77e, 8e but en 35 sélections pour le Lyonnais), gratifiant au passage le public de cette rencontre d’une jolie talonnade aérienne. Voilà autant d’enseignements et de grain à moudre pour le cerveau de Raymond Domenech qui n’a pas pu, en fin de match, s’empêcher de gâcher « sa » prestation d’ensemble en offrant inutilement quelques secondes de sélection à Yohann Gourcuff. Le sélectionneur a tenu parole, il a offert un visage offensif aux Bleus et même si tout n’a pas été parfait, le résultat est là pour le conforter dans sa politique. Il a également, par son refus évident de faire du coaching dans cette partie, envoyer un message fort aux différents appelés et donner une indication sur le futur onze qui débutera face à l’Autriche ( ndlr, le 6 septembre prochain) en éliminatoires. D’ici là, le sélectionneur aura un peu de temps pour se pencher sur un chantier qu’on avait peu évoqué cet été. Celui du secteur défensif. Et là, il faut le dire, il y a vraiment du boulot...

La réaction de Thierry Henry : « C’est vrai que ça reste un match amical. C’était important face à une équipe de Suède qui ne perd pas beaucoup à la maison. On était mené 1-0 assez rapidement. On a dû mal à se trouver en début de match. Je pense qu’il y a eu des bons mouvements…Il y a eu des oublis défensifs. Il va falloir remédier à ça même si cette équipe de la Suède joue très très bien. Comme on a pu le voir sur le deuxième et le troisième but, il y a eu de belles séquences de notre part. Je pense qu’à chaque fois qu’on a joué à une ou deux touches de balle, on a su les mettre en danger. On sait que dans le football, il est primordial de jouer le plus vite possible ».

La réaction de Raymond Domenech : « Il y a eu des moments difficiles, mais les joueurs ont su puiserdans leurs réserves, comme en fin de match. (...) Je trouve que c'est bien. On amarqué trois buts, on en a pris deux. C'est plus ouvert, une nouvelle équipe, une nouvelle génération, une nouvelle manière de fonctionner. Pourvu que ça dure. (sur les occasions suédoises) Ca fait partie du jeu. Si on veut pousser, si on veut ouvrir un petit peu, si on veut se libérer, on donne des opportunitésà l'adversaire, ça fait partie du jeu. Mais entre gagner 3-2 et gagner 1-0, je choisis le 3-2 ».

La rédaction - Alix Dulac