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Valcke : « La France a nui à l’image de la Coupe du monde »

Jérôme Valcke, secrétaire général de la Fifa

Jérôme Valcke, secrétaire général de la Fifa - -

Il est rarissime qu’un haut dirigeant de la FIFA s’exprime en des mots aussi tranchés sur une équipe nationale. C’est pourtant ce qu'a fait, à propos des Bleus, le secrétaire général français de l’instance mondiale, Jérôme Valcke.

Jérôme Valcke, quelle est la position de la FIFA après les événements ayants entouré l’équipe de France ?
C’est triste que l’équipe finaliste en 2006 en arrive là. Ce qu’il s’est passé autour n’est pas très glorieux. On n’attend pas cela d’une équipe quand on sait que 207 autres se sont battues pour participer au Mondial.

Allez-vous demander des comptes ?
Les explications, on n’en a pas vraiment besoin. On a su ce qui s’est passé à travers la presse. C’est une histoire interne à la Fédération française. La seule chose, c’est que ça nuit à l’image de cette Coupe du monde. Mais ce n’est pas à la FIFA de demander des comptes.

Le refus de Raymond Domenech de serrer la main du sélectionneur brésilien de l’Afrique du Sud, Carlos Alberto Parreira, n’est pas une marque de fair-play…
Le fair-play, c’est une attitude. On aime quand les joueurs se serrent la main après un match. On apprécie aussi quand les deux coachs se serrent la main, surtout quand c’est leur dernier match. Il semble que Domenech n’ait pas apprécié les propos de Parreira sur l’équipe de France. Quand on est à ce niveau, on doit passer outre cela et ne pas en faire une affaire personnelle.

« L’identité nationale doit être protégée »

Comment expliquez-vous un tel fiasco ?
C’était certainement latent depuis plusieurs semaines, et ça a explosé. Ce n’est pas une critique contre la FFF. Mais cette nomination d’un coach avant que la compétition commence, c’est un peu un non-sens. Après cela, vous n’avez plus de chances de gérer les choses normalement.

Le fait que certains joueurs préfèrent manifestement leurs clubs à leur sélection inquiète-t-il la FIFA ?
Clairement. On travaille avec le Comité national olympique français et différentes fédérations (basket, rugby). Il faut qu’on arrive à ce que l’identité nationale soit protégée. Quand les joueurs brésiliens ou argentins sont ensemble, on a l’impression qu’ils prennent plaisir à jouer ensemble. C’est un honneur. Mais ce n’est pas ce qu’on a ressenti en équipe de France. Ce qui s’est passé nous amène à réfléchir. C’est vrai que cet épisode restera un élément de la Coupe du monde 2010.

Thierry Henry va être reçu par le président de la République. Le football devient incroyable…
Je pense que la personne à recevoir en urgence, c’est Escalettes, le président de la Fédération française de football. C’est au niveau du management qu’il faut trouver des solutions. La campagne pour la Coupe du monde 2014 commence bientôt. Le tirage au sort a lieu le 30 juillet 2011. On parle d’un an et quelques semaines. 2014, c’est demain.