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Et pendant ce temps-là, Domenech…

Raymond Domenech

Raymond Domenech - -

Plutôt discret depuis son licenciement de l’équipe de France en 2010, Raymond Domenech est revenu sur le devant de la scène à l’occasion de la sortie de son livre, en novembre 2012. En tournée promotionnelle à Bordeaux, l’ex-sélectionneur s’est confié, pour RMC Sport, sur sa nouvelle vie.

On l’avait quitté homme, du moins sélectionneur le plus détesté de France, après un Mondial 2010 en tout point déplorable. Depuis, Raymond Domenech s’est fait discret. Loin des terrains. Tapi d’abord dans un silence nécessaire après un règne chaotique, malgré une finale mondiale atteinte en 2006. Puis rejoignant ponctuellement l’univers médiatique qu’il a tant critiqué, avec notamment une chronique tenue sur Ma Chaîne Sport. Jusqu’au grand déballage, avec la sortie de son livre « Tout seul », en novembre 2012, dans lequel il relate son aventure tricolore.

Déjà 160 000 exemplaires vendus. Un succès, autant que la fin de son mandat fut un fiasco. Depuis janvier, Domenech parcourt donc la France, pour en assurer la promotion. Et c’est avec recul, voire satisfaction, qu’il évoque désormais ses années noires. Bien aidé par la rédaction et le succès de son carnet, aux effets thérapiques indéniables. « Il y en a qui m’ont dit : "Votre livre, je l’ai lu parce qu’on me l’a offert. Je n’en avais pas envie, parce que vous m’énerviez". Maintenant on me dit : "Je l’ai lu, et je comprends". Et c’est ça, c’est le plus beau cadeau que l’on puisse me faire, confie-t-il. Je ne dis pas qu’ils m’excusent, mais ils ont des éléments pour comprendre. Ils sont contents de ça. Le rapport avec les gens est clair, honnête, il n’y pas de filtre, c’est en direct. Les gens apprécient ».

Domenech : « J’essaye de tourner les pages »

Des regrets ? A quoi bon… Capitaine du naufrage sud-africain, l’ancien défenseur préfère philosopher. Fidèle à lui-même. Et pourtant, presque un autre homme, à l’entendre : « A cette époque, je ne pouvais pas faire autrement. L’expérience, c’est ça. La vie fait que l’on évolue, on apprend des choses, on grandit. On se dit que si on pouvait les refaire, peut-être qu’on ne les referait pas comme cela, mais personne ne peut refaire les choses qu’il a faites cinq ans avant. Ça s’est passé comme ça. Désormais j’essaye de tourner les pages - de mon livre, plaisante-t-il - pour avancer simplement, pour donner des arguments aux gens, pour qu’ils comprennent ce qu’ils n’ont pas pu comprendre à une certaine époque ».

Après s’être tant fermé, Domenech paraît ressusciter à chacune de ses confessions. C’est même parfaitement apaisé qu’il évoque son ancien rapport très conflictuel avec les médias. « Je l’ai subi mais j’ai toujours compris que je ne pourrais pas lutter contre, et que quoi que je fasse, la machine était en marche. J’aurais pu essayer mais cela m’aurait demandé tellement de mois d’énergie pour rien. Les journalistes n’ont fait que ce qu’ils ont pu faire. Je le déplore à ce moment-là, tout comme ils pensent que je n’ai pas fait ce que j’aurais dû faire. On est à égalité. Je regrette simplement une chose, c’est qu’ils aient réagi sans discernement, en meute. Mais je ne suis pas rancunier. Ils ne me croient pas quand je le dis (sourire) ». Peut-être faudra-t-il plus qu’un livre, pour qu’il se rachète, complètement, une crédibilité.

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ET LE TERRAIN, C’EST POUR QUAND ?|||

Un temps annoncé du côté de Montpellier pour succéder à René Girard, Raymond Domenech préfère rester évasif au sujet de son éventuel retour aux affaires : « Je ne me pose pas la question, j’ai toujours vécu comme cela. Ce qui arrivera arrivera, tout simplement. Montpellier ? Loulou (Nicollin, ndlr), c’est son boulot de chercher des entraîneurs. Mais il en a un qui est bien, René (Girard). Ils se sont fâchés un moment. Je pense qu’ils peuvent encore se raccommoder, et puis ce serait bien pour Montpellier. »

Alexis Toledano, avec Olivier Schwarz