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Euro Espoirs: l'Espagne règne à nouveau en se vengeant de l'Allemagne

L'Espagne a été sacrée championne d'Europe Espoirs pour la cinquième fois de son histoire en dominant l'Allemagne en finale (2-1), dimanche à Udine, dans le nord-est de l'Italie. Un titre qui récompense le très bon tournoi accompli par Fabian Ruiz, élu meilleur joueur, et sa bande.

Ils tiennent leur revanche. Privés de titre par l’Allemagne il y a deux ans (défaite 1-0), les Espagnols se sont vengés ce dimanche en dominant leurs anciens bourreaux (2-1) en finale de l’Euro Espoirs à Udine (Italie). Un succès qui permet à l’Espagne de rejoindre l’Italie en tête du classement des sélections les plus titrées dans cette compétition, avec désormais cinq couronnes européennes (1986, 1998, 2011, 2013 et donc 2019).

De bon augure pour une nation qui cherchera en 2020, lors de l’Euro, à laver l’affront de la dernière Coupe du monde en Russie, où Gerard Piqué et ses coéquipiers avaient été sortis dès les huitièmes de finale par le pays hôte. Si la Roja peut déjà s’appuyer sur un vivier de talents impressionnant, elle serait bien inspirée de piocher quelques éléments parmi les Espoirs titrés en Italie.

Des joueurs comme Pablo Fornals, Fabian Ruiz et Dani Ceballos, pas franchement embêtés avec leurs pieds, ont des arguments pour rapidement prétendre évoluer dans la catégorie supérieure. Et s’ils ne sont pas de l’aventure dès 2020, le Mondial 2022 représente pour eux un objectif raisonnable.

La défaite contre l'Italie comme électrochoc

Comme leurs aînés, ces Espoirs maîtrisent déjà les codes propres au football espagnol: possession, pressing haut, allers-retours incessants pour les latéraux et volonté perpétuelle de pratiquer un jeu léché. C’est cette recherche de la perfection qui a guidé cette équipe tout au long de la compétition.

Après leur défaite inaugurale contre l’Italie (3-1) en phase de poules, ils ont parfaitement réagi en dominant la Belgique (2-1), avant de fesser la Pologne (5-0). Des succès qui leur ont permis de terminer en tête de leur groupe devant les Italiens. En demi-finales, c’est l’équipe de France qui a subi la loi de la sélection dirigée par Luis de la Fuente (4-1), ancien joueur de l’Athletic Bilbao.

S’ils étaient apparus friables défensivement et peu inspirés aux abords de la surface adverse face à l’Italie, les Espagnols se sont ensuite montrés bien plus solides et tranchants dans le dernier geste. "J'ai une équipe qui grandit, qui est capable de dépasser les mauvais moments. Cette équipe s'améliore match après match. Et contre l'Italie, la défaite nous a rendus plus forts. On a trouvé que cette défaite était injuste et l'équipe a grandi sur cette défaite", confiait de la Fuente avant la finale.

Fabian Ruiz étincelant

Au-delà du collectif, certains joueurs ont clairement passé un cap au cours de la compétition. Alors qu’il n’entre pas dans les plans de Zinedine Zidane au Real Madrid, Dani Ceballos a écœuré ses adversaires par sa qualité de dribbles et sa faculté à voir le jeu avant tout le monde. Des prestations qui n’ont pas échappé à l’AC Milan, qui serait prêt à aligner les billets pour convaincre le Real de le laisser partir cet été, selon la presse espagnole.

Il faut aussi souligner le niveau affiché par Fabian Ruiz. Buteur en finale sur une merveille de frappe enroulée (7e), le milieu du Napoli est aussi à l’aise à la récupération que pour casser les lignes sur une seule passe. Il a été élu meilleur joueur du tournoi. Pablo Fornals, que West Ham a recruté au début du mois pour 27 millions d’euros en provenance de Villarreal, n’a rien à envier à ses camarades sur le plan technique. Explosif, technique et pas avare en efforts, il ne semble pas avoir de point faible.

Marc Roca a lui aussi un immense potentiel. Constamment en mouvement et précieux pour ressortir proprement le ballon, le récupérateur de l’Espanyol Barcelone a tout de la sentinelle moderne. Il ne devrait pas manquer de courtisans cet été.

L'Allemagne a relancé le suspense trop tard

Même constat pour Dani Olmo. Auteur du deuxième but espagnol en finale sur un subtil ballon piqué après un ballon mal repoussé par le portier allemand (69e), et désigné meilleur joueur de la rencontre, celui qui a quitté le Barça en 2014 pour rejoindre le Dinamo Zagreb est annoncé dans le viseur de nombreux cadors européens.

Face à l'Allemagne, son travail défensif a aidé la Rojita à étouffer une formation allemande qui n'aura relancé le suspense qu'à la 88e sur une frappe victorieuse de Nadiem Amiri déviée par Jesus Vallejo. Trop tard pour déstabiliser Olmo et ses coéquipiers, pour qui l'avenir s'annonce radieux.

RR