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Arshavin transfigure la Russie

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La Russie n’a pas manqué sa « finale » face à la Suède (2-0). Les hommes de Guus Hiddink, menés par un Arshavin de gala, joueront les quarts de finale face aux Pays-Bas.

Un seul être vous manque… et tout est dépeuplé. Loin de vouloir verser dans la fibre poétique, c’est dans cette belle maxime que se situe un peu l’épopée des Russes dans cet Euro 2008. Andrei Arshavin absent, le jeu proposé par la troupe à Guus Hinddink a longtemps manqué d’équilibre, de folie, malgré un mieux face à des Grecs enfermés dans leurs dispositions défensives. La petite pépite du Zenit St-Petersbourg de retour sous le maillot rouge, le visage offensif des Russes s’en est trouvé largement modifié. La Suède, pourtant plus convaincante que ses adversaires lors des deux premiers matches de poule, a payé au prix fort le retour du prodige (2-0).

Et dire qu’Hiddink avait émis l’idée quelques heures auparavant de ne pas faire appel en tant que titulaire aux services du surdoué, déroutant balle au pied mais fortement indiscipliné, prétextant ne pas vouloir toucher à l’équilibre d’une formation qui avait « su tourner sans lui ». Intox. L’ancien sélectionneur de la Corée du Sud et de l’Australie ne savait que trop bien les bienfaits que ce jeune homme apporterait au reste de ses troupes. La pelouse finira de lui donner raison. Les Suédois, qui ont affiché un manque de jus notable face à l’Espagne, n’ont pas vraiment eu l’occasion de toucher le bout de cuir durant près de quarante minutes en première période.

Un laps de temps où la Russie a probablement affiché sa meilleure prestation collective de la compétition. Tenaces, intelligents dans le pressing et plus hargneux que leurs adversaires, les Hiddink’s Boys marchent sur leurs adversaires. Les vagues rouges se fracassent sur le but d’Isaksson… et le public, suédois comme russe d’ailleurs, n’en a que pour Arshavin. Lui, qui ne devait pas jouer l’intégralité de la rencontre, a su faire douter son sélectionneur. Difficile de sortir un élément qui vous maintient constamment la défense suédoise sous pression, guidant ses partenaires sur le bon chemin. Sa copie n’effacera pas à elle seule les errements d’une défense lente à l’allumage et qui aurait pu ou dû, c’est selon, au moins prendre un but dans l’escarcelle.

Des Russes plus incisifs

Mais le destin n’a pas voulu sourire aux hommes de Lars Lagerbäck et c’est le poteau qui vient repousser une tête renversée de Larsson (26e)… quand Akinfeev n’est pas condamné à l’exploit devant Ljungberg (43e) et Nilsson (44e). Auteur de sautes d’humeur assez surprenantes défensivement, la Russie aurait très bien pu s’offrir un match plus crispant si son attaque n’avait pas fait correctement le boulot. Pavluchenko (23e, 1-0) puis l’inévitable Arshavin (49e, 2-0) se chargent d’ailleurs de mettre la main à la pâte, venant fructifier un travail bien entamé par Jirkov (21e) ou encore Bilyaletdinov (25e). Hiddink, sur son banc de touche, a pu apprécier. Cet éternel perfectionniste aurait probablement, en revanche, souhaité que ses hommes archi-dominateurs par séquences, incroyablement absents par d’autres, mettent plus de régularité dans leur production sur le pré.

Et concluent également des actions parfaitement bien jouées et ne se contentent pas d’une barre (Pavluchenko, 35e) et d’un poteau (Jirkov, 80e). Mais le technicien néerlandais devrait garder ses critiques pour plus tard. Mercredi soir, ses joueurs ont régalé, déroulé même par moments, aux dépens de Suédois incapables de passer la surmultipliée. Pour la première fois depuis vingt ans et la dissolution de l'URSS, la Russie sort des poules d’un championnat d’Europe. Alors champagne… avant de devoir se pencher sur le cas des Pays-Bas, adversaire en quart de finale des Rouges d’Hiddink. Une toute autre paire de manches…

La rédaction