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Balotelli, c’est l’Eurostar !

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Le doublé du fantasque avant-centre italien contre l’Allemagne (2-1) a confirmé le talent et le charisme de l’indomptable buteur de Manchester City. Avant de défier les Espagnols dimanche à Kiev, portrait d’un joueur à part.

L’Euro 2012 manquait cruellement d’une star ? Mario Balotelli s’est « dévoué ». Son fracassant doublé face à l’Allemagne (2-1), jeudi, en demi-finale du championnat d’Europe, l’a propulsé dans une autre dimension. Pour l’intéressé, en revanche, pas besoin de mutation. L’Italien vit déjà dans un autre monde. Avec lui, chaque geste est une histoire. La célébration de son deuxième but, très « cantonesque », le port altier et les muscles apparents en plus, a surpris ? « Les gens ont vu mon corps et ils sont jaloux, c’est tout », a-t-il commenté avec son humilité légendaire.

Si son visage, la plupart du temps fermé, ne l’a pas montré, son premier doublé avec la Nazionale l’a comblé de bonheur. « Ce fut la plus belle soirée de ma vie », confie-t-il. La présence de sa mère dans les tribunes de l’enceinte polonaise n’y est pas étrangère. Dimanche, pour la finale contre l’Espagne, son père sera là aussi. « Cette fois, j’espère marquer quatre buts, prévient-il. J’espère que nous allons gagner, et tant pis si on joue mal ! »

« J’espère marquer quatre buts contre l’Espagne »

Mario Balotelli n’a que 21 ans (il fêtera ses 22 printemps le 12 août). Mais on peut déjà écrire au moins trois romans sur sa vie. Difficile d’énumérer toutes les frasques de cet enfant d’origine ghanéenne adopté par une famille d’Italiens de Brescia. Jouer aux fléchettes sur des jeunes de centre de formation de City ? Fait. S’incruster dans une prison pour femmes ? Fait. Planter sa voiture un jour après l’avoir achetée ? Fait aussi. Faire un feu d’artifice dans sa maison et y mettre le feu ? Fait, évidemment. Donner plus de 1200€ à un sans-abri en sortant du casino ? Fait aussi. Sans parler des accrochages en tous genres, y compris avec son coach, Roberto Mancini.

Depuis quelques heures, l’Italie est amoureuse de Mario Balotelli. Comme l’Angleterre, qui fait ses choux gras avec ses coups de folie. On aurait presque oublié que le Citizen est un joueur de football génial… Enfin, quand il le veut. « On a une équipe de fous », sont les premiers mots que lâche son partenaire, Salvatore Sirigu, quand on l’interroge sur Super Mario : « Il peut vraiment tout faire avec ses pieds et avec sa tête aussi (allusion à son premier but, ndlr). Il a une grosse frappe, la technique de base. Il a vraiment tout. Il doit grandir encore. Parfois, il fait des erreurs mais on a vu que c’était un joueur de classe. » On a surtout vu qui était la star de cet Euro.

Aurélien Brossier avec JS