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Bleus : ni talent, ni ambition

Les Bleus

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Incapables d’offrir un visage conquérant face à l’Espagne (2-0), les joueurs français, à l’image de leurs dirigeants, n’ont pas brillé non plus par leurs analyses d’après-match, oscillant entre manque d’ambition et résignation.

Le verre à moitié vide ou à moitié plein. Toujours la même rengaine après une élimination. Enfin, presque. Car dès le coup de sifflet final du quart de finale perdu face à l’Espagne (2-0), les Bleus avaient choisi. Et clairement. A entendre tous les discours, cet Euro était une réussite. Au firmament de la « positive attitude », Karim Benzema. « On progresse. On a passé les poules, a lancé l’attaquant madrilène, resté muet durant cet Euro. (…) On en sort grandi, on ne peut qu’être fier. On est arrivés en quarts de finale, c’est bien. »

Il faut dire qu’au-dessus des joueurs, le discours était également rôdé. « On progresse. On est 16e au classement FIFA et on se retrouve dans les 8 meilleurs européens. C’était notre objectif, on l’a réalisé », déclare Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football. Sans doute échaudés par les éliminations précoces lors de l’Euro 2008 et du Mondial 2010, les dirigeants du football français avaient préféré ne pas fixer la barre trop haute. Tout en espérant secrètement une bonne surprise, qui n’est finalement jamais venue.

Blanc : « Nous ne sommes pas des rêveurs »

Avec une seule victoire en quatre rencontres lors de cet Euro, contre l’Ukraine (2-0), et trois buts marqués pour cinq encaissés, les Bleus quittent donc leur camp de base de Kirsha avec un triste bilan, que la qualification pour les quarts de finale peine à estomper. Et à l’image de leur bilan dans ce championnat d’Europe des nations, les Français avaient une raison toute trouvée pour expliquer leur défaite face à l’Espagne : la supériorité des hommes de Vicente Del Bosque.

« Les Espagnols étaient meilleurs, avec un collectif supérieur au nôtre, souffle Le Graët. Malgré tout, on n’a pas à rougir car on n’a pas le niveau par rapport à cette équipe actuellement. » Même son de cloche chez Laurent Blanc, lui aussi fataliste après le non-math de ses joueurs. « Il faut être réaliste, cette équipe d’Espagne est meilleure que la nôtre, glisse le sélectionneur. Elle l’a encore prouvée. Nous ne sommes pas des rêveurs. » Les supporters français, eux, auraient aimé rêver un peu plus longtemps.

Alexandre Alain avec J.Re, JS et PT à Donetsk