RMC Sport

Bordeaux et Lyon à la traîne

Jean-Michel Aulas

Jean-Michel Aulas - -

La Fédération française désignera le 28 mai les neuf villes qui accueilleront l’Euro 2016. Alors que l’échéance approche, des incertitudes planent. C’est le cas à Lyon, où un geste du gouvernement est attendu, et à Bordeaux, où le grand stade pourrait être plus cher que prévu. Gros plan sur ces deux dossiers.

Bordeaux, l’inflation qui dérange

Le 18 juillet, Alain Juppé dévoilera le nom de l’entreprise retenue pour la construction du grand stade de 43 000 places. Mais les trois candidats se sont un peu étouffés quand la limite à ne pas dépasser de 165 millions d’euros leur a été confirmée. Un montant final entre 195 et 217 millions d’euros parait plus raisonnable aux yeux des spécialistes. Or, dans le partenariat public-privé (PPP) qui a été mis en place, la part de la mairie, de la communauté d'agglomération et du conseil régional (65 millions) est figée.

« Le chiffre de 165 millions est totalement fantaisiste, lâche Matthieu Rouveyre, conseiller municipal PS. Il y a aussi une vraie inquiétude quant à la participation de M6, qui doit mettre 100 millions. Nous pensons donc que le grand stade est très, très mal parti. » Jean-Louis Triaud, le président bordelais, est, lui, persuadé que la chaîne restera, malgré ses récentes menaces. « Quand notre actionnaire prend l’initiative d’accompagner ce projet, c’est qu’il imagine une gestion à long terme et une présence durable aux Girondins », assure-t-il.

Lyon, un conflit politique

Le dossier est à Matignon, mais il ne bouge pas. Pour la construction de son « Stade des Lumières » de 60 000 places, l’OL a besoin que le gouvernement valide une déclaration d’intérêt général. Une procédure qui permettrait à Jean-Michel Aulas et à Gérard Collomb, le sénateur-maire PS de Lyon, de passer la vitesse supérieure. Car au Sénat, les amendements déposés par ce dernier ont été retoqués. Et il a repoussé les neuf enquêtes d'utilité publique -qui devaient démarrer lundi- de peur que le tribunal administratif lui donne tort pour ce projet privé.

Sur fond de guerre droite-gauche, l’OL Land est donc toujours enlisé. « Il ne pourra jamais aboutir », affirme Michel Forissier, maire (UMP) de Meyzieu, une commune limitrophe. Le coût (450 millions d’euros pour l’OL, 160 millions pour les collectivités et 20 millions pour l’Etat) est un autre argument utilisé par les opposants, qui souhaitent que Jean-Michel Aulas se tourne vers une rénovation de Gerland. Des difficultés qui font dire à Gérard Collomb que « si l’Euro 2016 se faisait sans Lyon, ce serait hallucinant et nos amis turcs pourraient se dire qu’ils ont été un peu floués dans l’attribution de l’Euro 2016. »

LP avec OS et EJ