RMC Sport

Buffon, Pirlo, les grognards vous saluent bien

-

- - -

Eléments d’expérience du groupe de Cesare Prandelli, les deux Turinois sont également deux des meilleurs joueurs de la Squadra Azzura sur cet Euro. Ils sont prêts à relever le défi espagnol.

Et si l’Italie s’était trouvé un second souffle grâce à ses vieux briscards. Gianluigi Buffon (34 ans) et Andrea Pirlo (33 ans) ne sont pas étrangers à l’excellent parcours de la Squadra Azzura dans cet Euro. Engluée dans un scandale de paris truqués, le pays s’est découvert une raison de vibrer de nouveau pour les exploits de ses hommes sur le terrain. Les deux Turinois ne sont pas les plus vieux (le gardien Morgan de Santis et l’attaquant Antonio Di Natale culminent respectivement à 35 et 34 ans), mais ce sont bien eux qui guident l’ensemble du groupe. Sur le terrain et en dehors. Sirigu témoigne : « Quand quelque chose ne marche pas, Pirlo le sent. Il arrive à remettre l’équipe sur de bons rails. C’est un pilier pour nous. »

Le jugement est tout aussi élogieux pour son compère gardien de but : « Avant d’être un grand gardien, c’est un homme très simple, continue le portier du PSG. Quand tu es aussi agréable, j’ai du mal à trouver des défauts. S’il y a un problème, il peut le résoudre et en plus, il te console. Ça veut dire beaucoup. C’est une référence pour nous. » Pilier pour l’un, référence pour l’autre : les papas poule italiens veillent sur leurs coéquipiers. Et ce n’est sans doute pas un hasard si les deux hommes sont amis (Buffon a notamment invité Pirlo à son mariage). Coéquipiers depuis le début de la saison sous le maillot de la Juventus, ils ont enlevé le titre de champion avec en prime le trophée de meilleur joueur pour le milieu de terrain. Ils rêvent de récidiver dimanche contre l’Espagne (20h45).

Plus de 200 sélections à eux deux

Déjà champions du monde ensemble en 2006, ils totalisent 119 sélections pour Buffon et 88 pour Pirlo. Le gardien fréquente la sélection depuis 1997 et n’a manqué que l’Euro 2000 sur blessure, soit sept tournois majeurs. Capitaine depuis 2010 et la retraite de Fabio Cannavaro, il n’hésite jamais à hausser le ton pour se faire entendre et à pousser des coups de gueule quand il le juge nécessaire. Quant à Pirlo, élevé dans une famille à l’abri du besoin, il cultive la discrétion, voire l’austérité. Mais le meneur de terrain n’est jamais avare de conseils comme lorsqu’il prend à part les tireurs de la séance de tirs au but contre l’Angleterre. Son message : frappez comme vous le sentez sans vous occuper du gardien. Et comme il applique parfaitement ses conseils, il avait gratifié ce soir-là le public d’une somptueuse ‘panenka’, plombant le moral des derniers tireurs anglais.

Mais Pirlo c’est également ce joueur au meilleur total de passes réussis dans les grands championnats. Sur cet Euro, il fait partie – avec les Espagnols – des joueurs qui touchent le plus de ballons. Comme si cela ne suffit pas, il est également celui qui en vole le plus. Tout passe par lui. Et lui se projette très vite vers l’avant. Sans avoir l’air de courir dans tous les sens. Certains l’envoyaient déjà à la retraite après son départ de Milan. Lui répond par deux passes décisives et un but sur coup-franc contre la Croatie. Champion toute catégorie confondue, il n’hésite pas non plus à signer des autographes à la sortie de ses conférences de presse dans le QG de la sélection italienne. L’exemplarité à tous les étages.

Pierrick Taisne à Kiev