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Cabaye, nouveau boss du milieu

Yohan Cabaye

Yohan Cabaye - -

Buteur contre l’Ukraine (2-0) vendredi, Yohan Cabaye est devenu en quelques temps un pion essentiel du dispositif de Laurent Blanc. Et si l’équipe de France s’était découvert un nouveau patron ?

Il a su se faire sa place. Tout en discrétion. En quelques semaines, Yohan Cabaye (26 ans, 15 sélections, 1 but) s’est un peu plus révélé aux yeux du grand public. Pour les amateurs de football, le natif de Tourcoing n’a rien d’un inconnu : champion de France avec Lille l’année dernière, il enchaîne avec une parfaite première saison à Newcastle. Pour les autres, sa tête de gendre idéal, sélectionné pour la première fois en Norvège à la sortie du fiasco sud-africain, a débarqué avec fracas sur le petit écran. En cinq matchs (les trois rencontres de préparation à l’Euro, plus les deux premiers matchs de la phase de poule), Cabaye est le seul avec Karim Benzema, Philippe Mexès et Samir Nasri à avoir débuté toutes les rencontres. Ne cherchez plus, Laurent Blanc tient son épine dorsale.

Il faut dire que le sélectionneur des Bleus ne tarit pas d’éloge au sujet du jeune homme. « Il confirme tout le bien qu’on pense de lui, détaille le sélectionneur. Il y a un moment que je pense du bien de lui, même quand il jouait à Lille. Ce joueur-là sent le football. D’une manière très simple, mais il sent le football. Il est intelligent. » Pas un hasard si l’ancien défenseur central avait tenté d’attirer à Bordeaux le joueur à l’époque où il entraînait les Girondins. « Quand on le regarde jouer, il y a de l’intelligence. De temps en temps, je vois enfin un milieu de terrain qui entre dans la surface de réparation, qui profite des décrochages de Benzema pour permuter. On a tellement peu vu de milieux de terrain supporter, accompagner l’attaque, que quand il y en a un qui le fait, on ne va pas le brimer. »

Il promet son maillot sur Twitter

Des consignes du staff appliquées à la lettre. Même si le principal intéressé a mis un peu de temps à assimiler ses nouvelles attributions, lui qui a pourtant marqué à 5 reprises en 38 rencontres de championnat avec Newcastle cette saison. Dans un entretien accordé à nos confrères de L’Equipe, Jean-Louis Gasset avait donné la clé de cette mutation. « A Newcastle, j’ai remarqué qu’il était un peu loin du ballon pour frapper quand son équipe attaquait. Alors je lui ai proposé de se placer un peu plus haut (…) Ça l’aidera à marquer un peu plus de buts. Dans les petits jeux, quand il y arrive, il me regarde d’un air ‘‘Tu avais raison. Il y avait dix mètres à faire pour être au bon endroit.’’ »

Et aujourd’hui, ça paye. Buteur pour la première fois de sa carrière en bleu vendredi, il a également tiré sur le poteau au terme d’une magnifique action. Mais n’attendez pas de ce garçon discret une attitude hautaine. « Marquer est un très grand soulagement. C’est une joie énorme et une libération, glissait-il après la rencontre contre l’Ukraine. On pense aux proches. Moi j’ai pensé à ma fille. Ce sont des moments qui marquent. Je vais y penser longtemps. » Il a également dû penser à ses abonnés Twitter. Deux jours avant la rencontre, il avait promis son maillot à celui qui donnerait le bon score et les buteurs de la rencontre contre l’Ukraine. Le lendemain de la rencontre, il lançait un appel à ses fans pour qu’ils envoient la preuve en image de leur pronostic. Le maillot est sans doute déjà dans les cartons.

Pierrick Taisne (avec JR et JS) à Donetsk