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Camacho : « Surpris par le niveau des Bleus »

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Invité exceptionnel de Luis Attaque, José Antonio Camacho a parlé sans détours des chances de sa sélection dans cet Euro… mais aussi de la piteuse élimination des Bleus dès le 1er tour.

Ancien sélectionneur de l'équipe espagnole, qui mieux que José Antonio Camacho pouvait évoquer les forces, les faiblesses et les perspectives d’avenir de la Roja, qualifiée pour les demi-finales de l’Euro et opposée à la Russie d’Andrei Arshavin.

José Antonio Camacho, la sélection espagnole est bien placée, pour une fois, pour remporter le championnat d’Europe...
Oui, c’est vrai que ce championnat d’Europe me fait penser à l’Euro 84, qu’on avait joué contre la France. Mais, on le sait, cette équipe de Russie sera très compliquée à jouer, avec un garçon comme Arshavin, devant, qui fait des merveilles. Mais on a une belle chance.

Selon vous, quel est le joueur le plus important de la sélection espagnole. Lequel est au-dessus du lot ?
Je pense qu’aujourd’hui le point fort de la sélection est son milieu de terrain. Ce dernier est capable de faire des passes courtes vers l’avant et non plus d'abuser de longs ballons pour nos attaquants. C’est ce qui nous permet de dominer dans l’entrejeu et d’avoir la mainmise sur le jeu. Et ça, c’est plus important que de se reposer sur un joueur ou de chercher à en désigner un plus important que les autres.

Pour battre la Russie, l’Espagne ne sera-t-elle pas obligée de changer son style de jeu ?
Non, pour moi, c’est très simple… l’Espagne doit garder son système de jeu, que ce soit pour la demi-finale comme pour la finale d’ailleurs. Donc, non, ce sera à la Russie de changer de système mais pas aux Espagnols.

Que pensez-vous du rôle de Marcos Senna dans cette sélection espagnole, dont la densité physique fait beaucoup de bien au milieu de terrain ibérique ?
Un joueur comme ça, c’est important. C’est bien de retrouver un joueur comme ça, capable de donner de la liberté à ses partenaires, de les libérer offensivement. Senna a un peu un rôle de gardien devant la défense et il le fait bien.

Quel est votre sentiment sur l’équipe de France lors de cet Euro 2008 ?
Nous, les Espagnols, avons été très déçus par le faible niveau de jeu affiché par l’équipe de France. On pensait les jouer en quarts de finale…. J’ai été désagréablement surpris par le manque de réalisme des attaquants français, qui font pourtant partie des meilleurs au monde.

Votre avis sur Andrei Arshavin, la petite perle de la Russie...
Arshavin n’a pas joué lorsque l’Espagne a battu la Russie. Là, il est de retour et les Russes vont beaucoup moins courir après le ballon. Il va redonner de la confiance et de la sérénité à son équipe. Il peut nous faire très mal. C’est quelqu’un qu’il faudra surveiller de très près.

Est-ce que la polémique continue au pays concernant l’absence de Raul ?
Non, maintenant qu’on est en demi-finale, personne ne parle de Raul. Depuis qu’on a réussi à vaincre notre malédiction, plus personne n’a évoqué ce sujet épineux.

Ce que fait la sélection aujourd’hui est une bonne pub pour le football espagnol, n’est-ce pas ?
C’est vrai que les journaux, les radios et les télés nous attendaient au tournant si on n’était pas sorti de la poule. Depuis, on a éliminé l’Italie, le pays champion du monde, ce qui n’est pas une petite performance.

On voit beaucoup les attaquants briller dans cette compétition. Que pensez-vous des prestations des défenseurs espagnols lors de cet Euro ?
Oui, c’est vrai que les défenseurs et les milieux défensifs font le travail obscur. C’est grâce à eux que les autres peuvent briller devant. C’est d’autant plus facile lorsque l’on possède sur sa ligne de but un gardien qui s’appelle Iker Casillas.

Qu’est-ce que vous retiendrez de ce championnat d’Europe 2008 ?
Moi, ce que j’ai vu... c’est que l’Espagne est capable de se qualifier pour les demi-finales, ce qui est déjà une grande nouvelle. Après, j’ai vu deux sélections totalement dépendantes de leurs joueurs. Je pense à la Russie avec Arshavin et à la Suède avec Zlatan Ibrahimovic. Selon moi, la Suède n’est rien sans Ibrahimovic.

La rédaction - Luis Attaque