RMC Sport

Daniel Riolo: "Incroyable Portugal !"

Daniel Riolo

Daniel Riolo - DR

Retour sur la finale de l’Euro remportée par le Portugal !

Il est évidemment difficile d’envisager les aléas d’un match, encore plus ceux d’une finale. Mais la sortie de Cristiano Ronaldo dès la quart d’heure de jeu, si on a bien suivi le parcours des Bleus dans cet Euro, c’est pas complètement fou. Surréaliste, trop gros pour être vrai, mais prévisible. Ironie ? Pas tant que ça.

Evidemment le Portugal n’est pas l’Allemagne. Il ne fallait pas attendre une équipe de France bousculée, renvoyée dans son autobus garé devant sa surface comme lors de la première période de la demi-finale. Dans la continuité de ce qu’il a montré, le Portugal est d’abord là pour être solide derrière et sortir vite sur le duo d’attaque. La sortie de sa star ne change pas fondamentalement le plan. Mais c’est un énorme coup dur. Les larmes de Cristiano, c’est le premier grand moment de cette finale.

Les Bleus? Pas flamboyants mais volontaristes

Face à des Bleus qui veulent prendre le jeu en main, les Portugais s’appliquent à sortir proprement. Renato Sanches et Joao Mario sont les maîtres d’œuvre de la tactique mise en place de Santos. Les relais du milieu. Quaresma et Nani ont la mission d’être les héros en l’absence du patron.

Et nos Bleus ? Ils font le jeu. C’est pas flamboyant, on le savait, mais ça a le mérite d’être volontariste. Au milieu, Sissoko est transfiguré. Il est partout et surtout dans tous les mouvements offensifs. Il se crée même une belle occasion. Un peu avant Griezmann avait sollicité Rui Patricio.

Sentiment de plénitude

Des joueurs offensifs, Payet est le plus discret. Peu inspiré. Il a blessé Cristiano, c’est tout.

On regarde le match et on revoit un peu nos Bleus de la première phase. On se dit donc que ça va bien finir par venir. Ça vient toujours dans cet Euro. Tout vient. Il plane comme un sentiment de plénitude, de certitude qu’il ne peut rien arriver aux Bleus.

On avait parlé de « Mochico », il est là

Deschamps se méfie d’un contrôle trop sûr du match. Les contres portugais l’inquiètent. Ils sont souvent en nombre derrière le ballon. Et ça, c’est habituellement lui qui aime le faire.

Le match s’éteint doucement, même s’il ne s’est jamais vraiment allumé. On pouvait envisager le match fermé, on l’a. On avait parlé de « Mochico », il est là. La prolongation est encore loin, mais on y pense.

Payet, invisible, sort pour Coman. Payet aura donc marqué contre la Roumanie et l’Albanie puis rien. C’était le Payet de la L1, celui d’avant Bielsa.

Les Portugais rêvent d'un hold-up

Les Bleus veulent attaquer, mais sans prendre de risque. Sans se découvrir. Difficile.

Les Portugais reculent de plus en plus. En 4-5-1 dans cette seconde période. Même Quaresma joue au milieu. Ils veulent et misent peut-être déjà sur les peno. Ils rêvent éventuellement d’un hold-up.

Occasions, situations chaudes sont plus fréquentes pour les Bleus. C’est plus concret. L’entrée de Coman est utile. Giroud blessé, laisse sa place à Gignac.

Eder rentre. Si ça marche c'est du génie

Au Portugal, Santos sort un milieu, Sanches, par un attaquant, Eder ! Alors là, je ne comprends pas. C’est contraire à tout ce qu’à fait le Portugal jusque là. Si ça marche, c’est du génie.

Enfin la finale s’anime. Les Portugais repassent en 4-3-3. Ils veulent répondre et montent le bloc de quelques mètres. Dans son attentisme, cette équipe portugaise dégage pas mal de sérénité. Il n’y a pas d’angoisse à l’idée de retourner jouer une prolongation.

Pas assez de mouvement

Les Bleus ont voulu l’éviter, Gignac a touché le poteau à la dernière minute. Mais on jouera bien 30 minutes de plus !

La France a dominé certes, elle a eu les plus belles occasions, oui, mais comme à chaque fois qu’elle doit faire le jeu, ça manque de mouvement. 105 km parcourus par l’équipe, c’est peu. Face à une équipe qui joue aussi peu, 56% de possession, c’est peu également.

Les Portugais se battent, jouent peu, mais semblent croire, eux aussi, à leur bonne étoile.

L’entrée d’Eder a fait un bien fou, mais ce n’est pas tout !

Deschamps fera-t-il le changement pour aller chercher le match, où pense-t-il que ça passera comme ça ? Un milieu de moins (Sissoko, Pogba, Matuidi) pour Martial, ça serait intéressant…

La prolongation est forcément tendue, irrespirable. Les Portugais font désormais jeu égal. L’entrée d’Eder a fait un bien fou, mais ce n’est pas tout ! Eder marque ! Juste avant, une alerte, le coup franc sur la barre de Guerreiro. 1-0, les Bleus ont 10 minutes pour revenir.

Le sens de l’histoire, le destin, le match offert à Cristiano, le foot se passe parfois d’analyse. La tactique des Portugais, leur approche négative gagnent. Mais ce qu’ils font pour leur pays est fou. Ce que représente le foot là-bas est unique. Il ne s’agit plus de parler de style, mais juste d’exploit incroyable. Vu de France, c’est peut être triste, mais si on veut bien se donner la peine d’envisager la joie des Portugais, on a presque envie de la partager avec eux !

Daniel Riolo Journaliste