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Di Natale, acteur déchu

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Antonio Di Natale a raté son tir au but sous les huées du public espagnol. Mais l’attaquant de l’Udinese avait depuis quelques minutes un gros contentieux avec les tribunes.

Il reste peu de temps à jouer dans la seconde prolongation. Depuis une demi-heure, les replis défensifs se font lentement, très lentement, des deux côtés. Ça poisse le match nul, ça empèse les tirs au but. Antonio Di Natale, entré en jeu à la 75eme minute de jeu, entend bien profiter de sa relative fraîcheur pour amener, au moins une fois encore, le danger sur les buts d'Iker Casillas, le portier espagnol.
Las, le buteur de l'Udinese s'emmêle les crayons et s'écroule, laissant filer son vis-à-vis en contre-attaque. Dangereux, risqué voire coupable. Alors, d'une magnifique roulade digne des plus grands tournages de Cinecitta, Antonio surjoue la faute, plongeant avec élan au-delà de la ligne de touche. Le jeu continue donc. Mais Di Natale s'y connait en cinéma. Retour arrière, zoom caméra, il rembobine sa roulade, vite fait bien fait, pour se retrouver de nouveau au sol, mais cette fois-ci sur le terrain.
Il ne sait plus quelle partie du corps se tenir, se maintenir, pour alerter l'arbitre de l'état d'urgence. Devant tant de gesticulation, de hurlements made in « Commedia dell Arte » venus du banc italien et des joueurs, les espagnols concèdent à mettre le ballon en touche. Bronca sans fin dans les tribunes. Di Natale peut enfin se relever lentement, le score est sauf... Pour l'honneur on verra plus tard.
Mais il était écrit que le film de cet Espagne-Italie aurait un dernier rebondissement ! Et ce sera bien Antonio Di Natale, l'acteur majeur de cette fin de match, étouffante à défaut d'être brillante. Lui qui s'avance, mâchoire serrée pour aller frapper le quatrième penalty italien, lors de la séance loterie des tirs au but. Manque de chance et retour de bâton, le but choisi pour l'épreuve ultime est situé dos aux féroces supporteurs espagnols. Public rancunier, ambiance lourde, frappe molle. Antonio Di Natale sera un premier rôle tragi-comique, jusqu'au bout. Casillas capte la balle sans trop de soucis. L'Espagne est presque en demi-finale et Di Natale est déjà sorti du champ des caméras. L'étoile filante a quitté le cadre, tête basse, regard perdu. Il ne joue plus. Fin.

La rédaction