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Euro 2004: 16 ans après, Rothen taille les choix étranges de Santini

Dans Rothen Régale ce vendredi sur RMC, Jérôme Rothen a raconté l'ambiance au sein du groupe France durant l'Euro 2004, qui a vu les Bleus s'arrêter en quart de finale face à la Grèce (1-0). Le sélectionneur Jacques Santini n'a pas été épargné.

Arrivé parmi cette génération censée renouveler un groupe France qui restait sur le traumatisme de 2002 et de son élimination d'entrée en Coupe du monde, Jérôme Rothen n'aura guère pu briller à l'Euro 2004. Notre consultant RMC Sport était tout de même entré en fin de match contre la Grèce, en quart de finale... pour une défaite (1-0).

Dans Rothen Régale ce vendredi sur RMC, l'ancien joueur du PSG se remémore l'ambiance au sein du groupe et surtout la défiance vis à vis d'un Jacques Santini dépassé, donnant l'impression de ne pas être véritablement à sa place. 

Un groupe fatigué

"J'ai intégré un groupe qui sortait d'un échec monumental en Coupe du monde, rappelle Jérôme Rothen. On sentait bien qu'ils avaient perdu quelque chose. On avait une équipe fantastique mais on sentait moins la soif de vaincre, l'envie de tout écraser. Les cadres étaient allés voir Jacques Santini après le nul contre la Croatie, en lui disant 'on joue la Suisse (phase de poules ndlr), il faut changer quelque chose dans l'équipe'. Il avait répondu 'je réfléchis la nuit avec mon staff et on se revoit le lendemain'."

Sauf que le changement attendu avait de quoi surprendre. "Le lendemain, il dit j'ai changé... même dispositif en 4-4-2, les défenseurs et milieux sont les mêmes, il remet Trezeguet et Henry. Et puis il dit à Pirès et Zidane 'Zizou tu vas passer à droite, Pirès à gauche'... tout le monde pouffe de rire, se souvient notre consultant."

"J'ai un goût amer"

Arrive le quart de finale contre la Grèce. Les Bleus sont favoris. "Quand tu es sûr de ta force, tu le ressens sur les deux jours avant le match. On sentait de la crainte, nous les remplaçants, de la part de certains cadres. Et à l'arrivée, on l'a pris dans le nez. Je suis déjà content d'avoir participé à un tournoi comme ça mais j'ai un goût amer. Je fais certainement la meilleure saison de ma carrière, Jacques Santini avait plein d'idées avec moi... et à l'arrivée, j'ai joué 15 minutes contre la Grèce", regrette-t-il.

Une entrée inattendue d'ailleurs. "Quand il m'appelle, je suis surpris parce qu'il ne m'a pas calculé de la compétition, poursuit Rothen. Il sort Pirès. Jacques me regarde et il me dit 'Jérôme, c'est toi qui nous qualifies!' Alors qu'il ne m'avait pas calculé de la compétition!' Malheureusement, cela n'a pas suffi." La Grèce, victorieuse 1-0, allait bientôt soulever un trophée inattendu.

A.Bo