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Euro 2012 : Laurent Blanc ne craint pas l’Ukraine

A la veille de la rencontre entre la France et l’Ukraine à Donetsk (18h), le sélectionneur Laurent Blanc semble détendu et ne redoute pas le pays organisateur.

Laurent, l’équipe de France sera-t-elle en possession de toutes ses forces pour affronter l’Ukraine ?
En ce qui concerne le groupe France, ce soir on aura tous les joueurs à disposition. On a donc des réflexions à mener. Yann M'vila est un joueur important dans notre dispositif. Il a subi une blessure et a vécu une saison très longue. Peut-être que ce repos a fait qu'il a retrouvé un peu de fraîcheur et tous ces paramètres vont rentrer en compte pour savoir s'il va débuter.

Jouer le pays organisateur n’est pas forcément un avantage pour les Bleus…
Ça peut être un avantage et un inconvénient. Je pense que l’Ukraine a très bien débuté cet Euro. La pression sera encore plus présente. Après, la pression, soit ça inhibe les gens, soit ça les sur-motive. On aura la réponse demain.

Vous aviez évoqué la possibilité de quelques changements selon les besoins tactiques. A combien de changements peut-on s’attendre ?
Vous le verrez demain. S'il doit y avoir des changements, ça sera dans l'optique d'améliorer l'équipe et en aucun cas une sanction. L'Ukraine n'a pas le même jeu que l'Angleterre. A nous d'être performants là où ils ne sont pas à l'aise. Il est possible qu'on débute avec la même équipe ou avec un 11 différent.

Pensez-vous que la paire Benzema-Giroud puisse être complémentaire dans un match comme celui-là ?
Je n'ai pas dit qu'Olivier Giroud et Karim Benzema ne pouvaient pas jouer ensemble. J’ai dit que c'était compliqué dès le début d'un match. Mais l'Allemagne a le même problème avec ses deux attaquants, Gomez et Klose. Il n’y en a qu’un qui joue. Les Pays-Bas avec Van Persie et Huntelaar, c’est pareil.

Philippe Mexès a connu un passage difficile, l’avez-vous senti soulagé après sa prestation rassurante contre l’Angleterre ?
Je pense que la critique avait émis quelques doutes sur l’efficacité de notre charnière centrale. Peut-être à juste titre d’ailleurs, mais ça a affecté les joueurs. Effectivement, leur bonne performance pendant les 70 minutes de la rencontre leur a fait du bien. C’est un élément important. On savait qu’ils en étaient capables.

Les joueurs offensifs ont-ils eu peur de mal faire face à l’Angleterre en se mettant trop de pression ?
Le problème dans une équipe, c’est que les joueurs offensifs doivent faire la différence mais il n’y a pas qu’eux. Sur le match de demain, ce que je vais demander aux joueurs, c’est que les joueurs se lâchent. On ne peut pas rééditer nos 30 premières minutes de notre première rencontre. Quelle que soit l’équipe qui débute et quels que soient les postes, lâchez-vous ! Il faut qu’ils soient en pleine confiance, c’est ça qu’on va demander aux joueurs. Après, se lâcher ne veut pas dire faire n'importe quoi non plus. Il faut dépasser sa fonction. Un célèbre entraineur que je connais bien disait : « Se lâcher, c'est faire ton rôle et dépasser ton rôle ».

Surtout qu’Andreï Shevchenko est en pleine forme…
Je le connais bien, j’ai eu le plaisir et la chance de jouer contre lui. Il n’a plus ses jambes de 20 ans mais il est tellement intelligent dans ses déplacements qu’il arrive à être efficace. Bien sûr qu’on sera attentif, on ne va pas se focaliser sur lui mais il est à surveiller. C’est un grand joueur et les grands joueurs sont toujours présents dans les grandes compétitions.

L’équipe de France aussi a de grands joueurs…
Je vais me répéter, mais les grands joueurs sont toujours présents dans les grands moments. Si on a de grands joueurs, il va falloir qu'ils le démontrent demain, car on doit gagner ce match. J'ai entendu le sélectionneur ukrainien dire qu'il ne craignait pas la France. Je le rassure, on ne craint pas l'Ukraine non plus, sans manquer de respect à cette équipe.

La chaleur peut-elle être un handicap pour développer du jeu demain soir ?
On ne va pas se cacher derrière la chaleur. Mais c’est à prendre en compte. Les matchs à 20h45 sont beaucoup plus intenses. Là, je suis allé au stade, c’est un four.