RMC Sport

Euro 2016: qui pour payer la note des fan zones ?

-

- - -

Enjeu majeur pour les villes, l’UEFA et l’Etat à J-100 du début de l’Euro 2016, les fan zones donnent du fil à retordre aux organisateurs. A l’origine, leur budget et leur mise en place étaient une formalité. Mais les attentats de novembre dernier ont redistribué les cartes. Si leur maintien a été acté (pour contrôler les populations rassemblées en un seul et même lieu), leur surcoût pose problème.

Pour résoudre l’épineux sujet fan zone, une personnalité se détache, et pas des moindres. Maire de Bordeaux et président du club des villes hôtes, Alain Juppé s’est directement impliqué dans le dossier. Sa proposition ? Renforcer de la sécurité des fans-zones avec un financement complémentaire partagé entre les villes, l’Etat et l’UEFA. Un accord de principe a été trouvé entre les trois parties. Reste maintenant à négocier pour définir l’investissement de chacun.

Au départ, l’UEFA, qui finance la sécurité des stades, les camps de bases et les hôtels des équipes, exigeait une gestion totale des fans-zones par les municipalités. « C’est vous qui les voulez, c’est vous qui les payez », était en substance le message lancé aux villes par l’instance organisatrice. Sous la pression des villes, elle devrait cependant mettre la main à la poche. Mais au détriment, a priori, d’investissements dans d’autres secteurs tels que le transport par exemple. Impossible de savoir à l’heure actuelle à hauteur de combien va s’élever sa participation. L’UEFA fait le tour des villes pour budgétiser un investissement qui sera proportionnel à la taille des zones.

Une priorité de l’Etat

Le Ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve l’a assuré, la sécurité des fan zones est une priorité de l’Etat. Selon nos informations, les négociations entre Alain Juppé et les Ministères des Sports et de l’Intérieur devraient aboutir à l’élargissement du périmètre d’action des autorités. L’Etat pourrait assurer une large partie du renforcement de la sécurité des fan zones. Les négociations devraient être conclues lors d’un comité de pilotage prévu le 22 mars prochain, qui réunira Bernard Cazeneuve, le Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports Patrick Kanner, l’UEFA et l’ensemble des villes hôtes.

Un surcoût d’un million à Bordeaux

Pour sa fan zone, Bordeaux compte mettre les petits plats dans les grands. Le coût total d'aménagement du site, de son fonctionnement, de son animation et de sa sécurisation est de 4 millions d'euros pour un mois complet d’ouverture. La société Girondins Event, titulaire du marché en association avec l'agence Côte Ouest, garantit un financement de 2 millions d’euros par les recettes associées aux prestations proposées sur place et les partenariats privés. La métropole, quant à elle, assure un financement identique de 2 millions d'euros, dont quasiment la moitié sera exclusivement consacrée à la sécurité des usagers. Soit un surcoût évalué à 1million d’euros par rapport au budget voté en mai dernier. Reste à voir la prise en charge de l'Etat et de l'UEFA dans ce surcoût. La future fan zone de la place des Quinconces sera équipée de portiques, de détecteurs de métaux, de caméras de vidéosurveillance. Des palpations seront effectuées à l’entrée et des agents de sécurité patrouilleront à l’intérieur et l’extérieur de la zone. A priori pas de trop pour la deuxième plus grande fan zone en termes de superficie derrière Paris, la troisième en capacité d’accueil (62 000 personnes en configuration match de l’équipe de France derrière Paris et Marseille). Nos voisins européens sont également attendus en nombre. Quarante-mille Autrichiens et Hongrois ont prévu de s'y retrouver pour l'affiche Autriche-Hongrie à Bordeaux.

dossier :

Euro 2016

la rédaction