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Gomis : « J’apporte de la fraicheur »

Gomis, un nouveau bleu heureux.

Gomis, un nouveau bleu heureux. - -

Invité surprise de la liste des 23 sélectionnés de Raymond Domenech pour l’Euro, Bafétimbi Gomis vit l’aventure en bleu avec les yeux d’un joueur au palmarès vierge.

Bafétimbi Gomis, la France n’a pas trouvé le chemin du but samedi à Toulouse contre la Paraguay (0-0). Personnellement, vous n’avez pas pu rééditer l’exploit contre l’Equateur, où vous marquez les deux buts du match pour votre première sélection. Comment s’est passé ce deuxième match de préparation ?
Ça s’est bien passé, mais on n’a pas eu de réussite sur des frappes de Sidney, et sur deux ou trois bons mouvements en fin de partie. On est tombé sur une équipe bien regroupée derrière, qui maniait bien la balle, et on a pas eu la chance de marquer, ce qui les aurait poussé à sortir.

Le costume bleu vous va de mieux en mieux…
Je suis ici pour apprendre, pour progresser, pour amener toute ma fraicheur, donc si je me mets une pression autant rester à la maison. J’ai joué comme j’ai l’habitude de jouer. Le football est une remise en question, ce qui a été fait est derrière. C’est toujours le match suivant qui est le plus important.

Votre sélection en équipe de France est la consécration d’une belle saison avec Saint-Etienne (16 buts). On dit que sans le travail effectué avec Laurent Roussey (entraineur des Verts), vous n’en seriez pas là…
C’est vrai que c’est avec le travail. Il y a Laurent Roussey mais aussi tous mes entraineurs précédents (Troyes). Je sentais que je n’avais pas assez de temps de jeu, j’avais l’ambition de jouer régulièrement en Ligue 1, donc j’ai été demandeur. Quand il est arrivé, il a appliqué la méthode qui avait porté ses fruits à l’époque où il était au LOSC (entraineur adjoint de Claude Puel de 2002 à 2006).

A Saint-Etienne depuis deux saisons, avez-vous le sentiment que l’ASSE est un club à part ?
C’est un club qui m’a beaucoup donné, je suis très fier de défendre ses couleurs, et il n’est pas impossible que je continue à le faire la saison prochaine.

Est-ce dur de s’investir en équipe de France quand on doit gérer en même temps son avenir personnel ?
J’ai l’impression de le gérer plutôt bien. Ce sont des problèmes de privilégiés. Pour l’instant, mes pensées vont à l’équipe de France.

Comment avez-vous vécu cette première sélection ?
Etre dans les 23 n’est pas un aboutissement. Je ne suis pas venu ici en vacances. Il faut continuer à progresser et mériter sa place. Je n’ai pas passé mon temps à passer des coups de fil pour dire que j’y étais. Une sélection, ce n’est pas un cadeau. Je me suis dit que j’avais le niveau et qu’il fallait justifier la confiance du coach. Le premier contact s’est bien passé. J’ai eu la chance de faire un assez bon match contre l’Equateur.

Le jour de l’annonce de la liste des 23, dans quel état étiez-vous ?
Je n’avais rien à perdre. J’étais venu pour montrer ce dont j’étais capable. Si j’avais du partir, j’aurai dit « au revoir et bonne chance » à tout le monde, et je serais allé soutenir l’équipe devant ma télé.

On vous sait très attaché au Sénégal, le pays de vos origines. Avez-vous hésité entre les deux sélections ?
Le Sénégal, c’est la terre de mes parents, j’y tenais beaucoup. Ça méritait réflexion, mais j’avais fait mon choix depuis un certain temps. Je suis né en France, je rêvais d’enfiler la tunique bleue. Aujourd’hui, je suis très content parce que l’accueil des collègues est extraordinaire.

Parlez-nous justement de votre arrivée dans le groupe…
Les anciens comme les jeunes m’ont très bien accueilli. Je les remercierais jamais assez, parce que je suis jeune, je viens d’un club qui joue pas l’Europe, j’ai un palmarès qui est vierge… ça montre la mentalité de ce groupe.

L’Italie sera-t-elle l’adversaire le plus difficile de l’équipe de France ?
Non, le plus important, c’est toujours le premier match (Roumanie), parce que c’est ça qui va nous permettre de rentrer dans l’Euro. Après, on y pensera en temps et en heure, mais on est la France, on est une grande nation de football. On va défendre nos couleurs.

La rédaction - Loïc Briley