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Impossible n’est pas français ?

Jérémy Ménez et les Bleus

Jérémy Ménez et les Bleus - -

S’ils sont invaincus face à l’Espagne en compétition officielle, les Bleus devront créer un exploit retentissant ce samedi à Donetsk (20h45) pour éliminer les champions du monde et d’Europe. Et se qualifier pour les demi-finales de l’Euro.

Michel Platini, Zinedine Zidane. De leurs légendes de plus grands joueurs français de l’histoire, ressortent deux matchs contre l’Espagne. Une finale de championnat d’Europe au Parc des Princes en 1984 (2-0) et un 8e de finale de la Coupe du monde 2006 en Allemagne (3-1). Figure-t-il parmi les Bleus de 2012 un héros à leur hauteur ? Non. Laurent Blanc le cherche toujours, en tout cas. Mais ce samedi soir (20h45) à Donetsk, en quart de finale de l’Euro, les 11 titulaires et les 3 remplaçants qui porteront le maillot tricolore auront, s’ils n’ont pas l’aura de leurs prestigieux aînés, l’extraordinaire occasion de marquer leur époque. Comment ? En faisant tomber le champion d’Europe et du monde en titre. Une Roja jalousée et admirée aux quatre coins de la planète foot… mais qui n’a jamais battu la France en compétition officielle.

Deux-zéro en finale de l’Euro 84, à Paris. 1-1 en phase de groupes de l’Euro 96, à Leeds. 2-1 en quart de finale de l’Euro 2000, à Bruges. 3-1 en huitième de finale du Mondial 2006, à Hanovre. C’était du temps où l’Espagne ne gagnait jamais, où les Bleus jouaient souvent les briseurs de rêves, où la grâce revancharde d’un « Zizou » raillé pour son âge devenait punitive. « On va s’appuyer sur cette stat, mais pas exagérément, prévient Laurent Blanc. Les choses ont bien changé. On va la prendre parce qu’il n’y en a pas beaucoup en notre faveur. Si elle pouvait durer un peu plus… » Qu’elle parait loin, cette époque, quatre jours après le fiasco contre la Suède (0-2), sans d’autres conséquences que celle, immense, d’une image encore détériorée par les excès d’individualisme. Le vestiaire a tremblé, à Kiev. Capitaine et sélectionneur jurent que les fissures ont été colmatées.

Blanc : « Il y a un coup à jouer »

« Dans le vestiaire, il y a différentes personnalités, différents caractères, reconnait Hugo Lloris. C’est normal qu’il y ait eu des réactions à vif. Mais tout est revenu au calme. » « Il y avait de l’énervement, de la nervosité, poursuit Laurent Blanc. Il a fallu tempérer tout ça, se mettre au milieu. Des choses ont été dites. Elles ont été actées et acceptées. La vie continue. » Pour le meilleur ? Jeunes, ces Bleus n’ont encore rien prouvé au niveau international. Penser qu’ils pourront vaincre l’Espagne avec seulement un exploit individuel, serait aller dans le mur. A Donetsk, sacrifice, courage, persuasion collective seront indispensables pour ne serait-ce qu’avoir de l’espoir. Se battre pour ses dix autres coéquipiers, se replacer, faire bloc, ne pas craquer mentalement. En guettant la moindre faille.

Pas grand-monde ne miserait sur les Bleus à l’étude de ses caractéristiques. « Il y a un coup à jouer, assure pourtant Laurent Blanc. On sait que face à cette équipe d’Espagne, si tu défends bien, que tu es compact, que dans les 20-30 premières minutes tu démontres que tu es présent, tu sais que tu vas avoir ta chance. Mais il faut remplir ces paramètres. Sinon, tu vas être puni. » L’Italie (1-1) et la Croatie (0-1) ont, dans un style différent, montré que l’impossible ne l’était pas tout à fait. En 90 voire 120 minutes, les Bleus peuvent effacer les errements du passé récent, ce scandale de Knysna qui affleure dès que la tension monte, cette détestable impression de mardi dernier qui a gâché la série de 23 matchs sans défaite. « Faites l’exploit ! C’est tout ce qu’on vous demande », résume Grégory Coupet. Il ne reste plus qu’à y croire. 

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Blanc n’aura pas à les motiver |||

A Kiev, après la défaite face à la Suède mardi soir (0-2), des mots et des attitudes ont fait resurgir les vieux démons de certains Bleus. Laurent Blanc, qui aurait aimé préparer le match contre l’Espagne avec une sérénité partagée au sein de son groupe, a dû pacifier les relations. « Des difficultés, Dieu sait qu’on en a. Beaucoup trop, à mon sens, souffle le sélectionneur. Mais c’est comme ça. On sait d’où on vient. Le traumatisme (Knysna) est présent dans tous les esprits. Il y a deux ou trois tensions et on a peur de revivre ça. Mais il faut essayer d’apaiser un peu tout le monde en voyant les personnes concernées. Même s’il y a eu quelques secousses, le paradoxe, c’est qu’on est qualifié pour les quarts de finale de l’Euro. Et qu’on a un match très excitant à préparer. Il fallait vite passer dans la préparation. C’est ce qu’on a fait. » Et à Donetsk, ce samedi soir, il laissera ses joueurs se demander seuls ce dont ils sont capables. « Je n’ai rien à leur dire pour les motiver, explique-t-il. Ils vont jouer contre la meilleure équipe du monde. Chaque joueur aura un client dans sa zone. S’ils ne sont pas motivés, c’est à ne plus rien y comprendre... »

LP avec J.Re, JS et PT à Donetsk