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L’équation suédoise des Bleus

Laurent Blanc

Laurent Blanc - -

Pratiquement assurée de disputer les quarts de finale, l’équipe de France devra valider son billet contre la Suède mardi (20h45). Entre calcul, gestion et volonté de gagner, les Bleus ne devront pas se tromper.

Gagner… pour confirmer
D’un côté, une équipe de France qui a déjà un pied en quarts de finale*. De l’autre, une Suède éliminée. Le match semble joué d’avance. Alors même si les joueurs refusent de l’admettre, cette hypothèse trottera certainement dans leur tête au moment d’entrer sur la pelouse du stade olympique de Kiev. Car si les Bleus restent sur 23 rencontres de rang sans défaite, ils sont loin d’avoir toutes les garanties au moment d’engager le sprint final. « Il faut prendre des points sur le troisième match, mais on ne va pas se projeter très loin, prévient Laurent Blanc. On n’a pas le droit de se projeter trop loin. Un peu d’humilité. » Pas plus de calcul à faire pour Gaël Clichy. « On sait que ce qu’il nous reste à faire : gagner, glisse le défenseur de Manchester City. Si on pouvait le faire avec la manière, ça serait parfait, mais les trois points restent l’objectif pour sortir de ces poules. »

* Pour officiellement se hisser en quarts, les hommes de Laurent Blanc peuvent même se contenter d’une défaite, à condition qu’elle ne soit pas concédée avec plus d’un but d’écart.

Gagner… sa place
Ménez va-t-il s’installer sur le côté droit de l’attaque ? Qui remportera le match Evra-Clichy ? M’Vila peut-il de nouveau débuter ? Certains joueurs ont-ils besoin de souffler ? Beaucoup de points restent en suspens. Cette rencontre peut être l’occasion de faire de nouveaux tests en vue de la suite de la compétition. A condition de ne pas chambouler une équipe toujours à la recherche d’automatismes « Pour aller loin, il faut ménager sa monture, explique Grégory Coupet. Les températures élevées, les conditions de matchs ne sont pas faciles. C’est là que tout le talent de Laurent Blanc va être utile. » L’ancien gardien international enchaîne : « Je crois que dans cet équipe de France, il n’y a pas suffisamment de joueurs indétrônables pour qu’ils puissent se permettre de faire un non-match, de lever de pied. » D’autant que face à eux, ils retrouveront une équipe suédoise certainement revancharde et avec à sa tête le redoutable Zlatan Ibrahimovic.

Gagner… en gérant
Quand on lui demande si c’est une bonne chose que la Suède soit éliminée, Yann M’Vila annonce la couleur : « Sincèrement, là on rentre dans les calculs. On ne veut pas ça. On ne va pas se prendre la tête avec ça, on va jouer pour nous et ne penser qu’à nous ». En fin technicien, Laurent Blanc se montre plus mesuré : « On va essayer d’aligner la meilleure équipe possible pour jouer les Suédois. En fonction de ce qu’il se passe ailleurs, on va ensuite gérer. Mais je n’aime pas trop ce mot car je ne veux pas préparer ce match avec la volonté de gérer quoi que ce soit. Il faut penser à tout, mais d’abord à se qualifier ». En 1998 et 2000, Aimé Jacquet et Roger Lemerre avaient opéré la grande lessive contre le Danemark et les Pays-Bas. Une différence de taille : les Bleus étaient officiellement qualifiés pour les quarts avant cette troisième rencontre.

Pierrick Taisne à Donetsk