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L'Espagne bat la Russie et file en finale

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Pour la première fois depuis 1984, la Roja s’est qualifiée pour la finale d’un championnat d’Europe, le tout en maîtrisant de bout en bout des Russes émoussés (3-0).

Cette fois, il n’y a pas eu photo. Pas de match ouvert durant lequel Russes et Espagnols se sont allégrement rendu des politesses dans leurs surfaces respectives, pas d’attaque-défense éprouvant comme ce fut le cas en phase de poules entre les deux sélections. Non, cette fois, l’Espagne a dominé son sujet. Point. Le rendu au tableau d’affichage est sec (3-0) mais ô combien mérité en faveur des troupes de Luis Aragones.

Bien articulés au milieu, toujours aussi appliqués dans leur conservation de balle, les membres de la Roja ont donné le tournis à leurs adversaires. A la manière du matador dans une arène de corrida, la mise à mort des Russes a été lente. Très lente. Le public du Hernst Happel Stadion a d’ailleurs mis un certain temps à comprendre que ses petits chouchous russes, comprenez par là Arshavin, Zhirkov, Pavlyuchenko, Akinfeev, ne terroriseraient pas les Espagnols. Bien mieux disposés dans l’entrejeu que les dernières victimes de la bande à Guus Hiddink (les Pays-Bas en quart de finale, ndlr) les partenaires de Fernando Torres n’ont pas offert les espaces qu’attendaient leurs adversaires pour déséquilibrer leur bloc défensif.

Senna-Fabregas, tauliers du milieu de terrain

Difficile en effet d’aller titiller les gants d’Iker Casillas lorsque vous avez un chien fou aux abords de la ligne médiane en la personne de Marcos Senna. C’est simple, le milieu de terrain défensif de Villarreal a écoeuré Arshavin et consorts, par son placement, par son replacement également et son abattage incroyable sur le terrain. Ajoutez à cela une pluie diluvienne tout au long de la rencontre et vous l’aurez compris : les Russes, qui avaient visiblement les jambes lourdes, n’ont jamais pu se mettre dans le bon sens. Non, la tendance est espagnole. Les avertissements de Torres (6e) et de Villa surtout (11e) en première période ne resteront pas longtemps lettre morte. Un centre manqué mais heureux de Xavi se transforme en passe décisive dans la surface pour Xavi (50e, 1-0). L’Espagne ne perd pas de temps donc et attaque tambour battant le second acte des hostilités.

C’est même un véritable déroulé offensif qui se produit de la part des protégés de Luis Aragones. La Roja, pourtant vêtue de jaune, laisse parler sa furia. Güiza, à la conclusion d’un formidable mouvement offensif, vient donner un peu plus de relief à la domination des siens (73e, 2-0) avant que Silva ne transforme un magnifique service de Fabregas et ne scelle la victoire des siens (81e, 3-0). La Russie, étonnante tout au long de cette compétition, quitte donc cet Euro 2008 sur une fausse note. Peu en vue, malgré des tentatives de Pavlyuchenko (31e, 35e) et un duel énorme perdu par Zychev devant Casillas (88e), la bande dirigée par Guus Hiddink n’avait plus rien de magique sur le pré du Hernst Happel Stadion. Point de retournement de situation, point de pirouette fantasque et fantastique d’Arshavin en fin de partie pour redonner l’espoir à tout un peuple.

Trop émoussée physiquement et trop gênée par la tactique adverse, la Russie a cédé face à l’autorité espagnole, matérialisée par un Fabregas ( entré en jeu à la place de Villa blessé, 34e) diablement inspiré et par un coaching osé d’Aragones en cours de partie ( entrée en jeu de Güiza, 69e), un changement qui avait vite se révéler décisif… Voici l’Espagne de nouveau en finale d’un championnat d’Europe face à l’épouvantail allemand, moins constant dans ce tournoi 2008 mais toujours présent lors des grands rendez-vous. Une 20e confrontation entre les deux nations, la première seulement en finale d’une grande compétition, voici ce qui attend l'Europe du ballon rond dans quelques heures. Le destin s’est exprimé, le décor est planté. Vivement dimanche…

La rédaction